Tragi-comédie écrite par Janusz Glowacki, mise en scène par Urszula Mikos, avec Régis Ivanov, Lise Maussion, Bruno Pesenti et David Ayala.
Des murs tagués de partout. Des portraits, des inscriptions, des phrases, des signatures. Plutôt surprenant ! Et puis il y a ces deux écrans d'où jaillit un personnage étrange, d'un charisme naturel, et d'une aisance dans son discours digne d'un politicien... Le problème est que son discours est dur et sans scrupule.
Mais de quoi parle-t-il ? Des SDF de New York, de la misère et surtout du fait qu'il faut arrêter de les aider, de les assister.... Pour la petite histoire : en décembre 1981, alors que la loi martiale est déclarée en Pologne, Janusz Glowacki, dramaturge, romancier, scénariste et essayiste décide de s'exiler et de s'installer à New York.
"Antigone à New York" trace le portrait poignant de l'extrême misère sociale à travers trois personnages, trois sans domicile fixe, et surtout trois êtres humains avant tout ! Les trois protagonistes, Anita, une Portoricaine, Sacha, un Russe et Fléa, un Polonais. Paulie, le seul SDF de nationalité américain est mort de froid pendant la nuit. Il va être enterré dans une fosse commune.
Cependant, sa compagne, Anita, telle Antigone, ne supporte pas cette idée et cherche par tous les moyens à rendre un dernier hommage digne de ce nom à son amoureux. Elle demande à Sacha et Fléa de l'aider à sortir Paulie de l'endroit où il est entreposé avant son départ pour la fosse. Pour dix-neuf dollars cinquante et la promesse d'une paire d'après-skis, les deux hommes vont se laisser convaincre... Cette volonté et l'espoir de s'en sortir malgré l'alcool, la maladie, le froid que peut endurer un SDF est bouleversant.
Les trois comédiens sur scène transcendent notre vision du sans abri. Ils se sont complètement investis par leur voix, leurs attitudes, et leur présence scénique, de leurs personnages et du monde dans lequel ils vivent, qu'ils soit parfois tout droit sortis de leur imagination ou pas. C'est bouleversant, touchant, déstabilisant...
L'indifférence de la société qui apparaît sur l'écran à des moments bien précis de la pièce nous met devant une réalité incontournable, difficile à nier et pourtant si douloureuse à regarder... Ainsi, tout ce que cherche à dénoncer Antigone à New York nous fait réfléchir sur les comportements de notre propre société...
