Comédie de Danièle Sallenave, mise en scène de Jonathan Duverger avec Jean-Marie Villégier et Emmanuel Guillon.
Attablé pour des agapes qui s’éternisent, deux auteurs conversent. Et de quoi parlent-ils ? De littérature, bien sûr. Et surtout de la leur. Enfin de celle qui serait la leur s’ils avaient un quelconque talent. Car ces deux là rivalisent de bêtise crasse et de pédanterie.
Avec "Les parenthèses orphelines", qui évoquent, par leur inventivité et leur loufoquerie, les diablogues dubillardiens, Danièle Sallenave s’amuse avec humour, cocasserie et finesse, à brocarder les écrivaillons. Et, comme elle ne manque ni de talent ni d’esprit, elle épingle les travers de certains de ses confrères, dont on se prend à chercher les inspirateurs, avec réalisme et humour.
Sa plume légère et fine dont le dard aiguisé fait mouche s'amuse également à quelques divagations surréalistes sur les exercices de style et les mésaventures tragicomiques des auteurs aux prises avec des ponctuations anarchiques.
Parfaits, irrésistibles, et sans se départir du plus grand sérieux qui sied à ceux qui traitent de littérature, Emmanuel Guillon, en scribouillard ignare et indigent, et Jean-Marie Villégier, en barbouilleur pontifiant et suffisant, forment une jolie paire de prétentieux ridicules dont les gargarismes dressent un émoustillant et édifiant panorama des lettres contemporaines.
