Comédie dramatique de Louis Calaferte, mise en scène par le Compagnie Les Crieurs de Nuit et Didier Villemin, avec Véronique Mangenot, Etienne Guillot, Christian Magnani et René Le Borgne.
Une corde suspendue au plafond... Un percussionniste, René Le Borgne sur scène... Et puis trois comédiens Véronique Mangenot, Etienne Guillot, Christian Magnani, tous de noir vêtus, le visage recouvert de poudre blanche. Et le tour est joué...
Ils vous emportent dans un tourbillon de tableaux où paroles de la vie quotidienne, mais aussi aveux, prières, espoirs, ou encore exhortations se mêlent et se démêlent. C'est véritablement surprenant ! Non seulement par sa mise en scène vive et surtout incisive mais également par son propos agrémenté d'un humour cynique et grinçant.
Cette corde qui symbolise tant le lien social que la mort devient un instrument chorégraphique et un outil de jeu. Les comédiens s'y accrochent, s'y balancent, s'y emmêlent. La musique, elle, jouée en live avec aisance et génie par René Le Borgne, vient accentuée chaque faits et gestes. Tout est minutieusement orchestré et calé. C'est prodigieux ! Le tourbillon devient tornade dans laquelle il est difficile de ne pas se laisser prendre.
Surprenant encore : les apparitions par l'intermédiaire de projections de Guignol qui nous sourit et qui se réjouit de taper sur les dirigeants, les hommes de pouvoir. Revoici Guignol toujours aussi rebelle.
Louis Calaferte, l'auteur de ces textes, nous fait découvrir une multitude de personnages à travers des situations très diverses. Est mis en avant le côté politiquement incorrect de l'humain où aussi bien la dérision, la violence, l'humour et la poésie se croisent...
Les trois comédiens ont chacun leur petite spécificité. Etienne Guillot est lui petit, barbu. Ses lunettes rondes et son regard taquin, lui donne un air enfantin. Il fait de son personnage sur scène, un être tendre et complètement fantaisiste. Accompagné de son petit sourire en coin, il mêle humour et ironie avec une grande facilité.
Christian Magnani, à l'inverse d'Etienne Guillot, est grand, brun et ne porte pas de lunettes. Il peut à travers son personnage mêler le tragique et le comique sans aucune difficulté. Ses attitudes, ses mimiques, son regard et sa voix grave font de lui un personnage à croquer.
Véronique Mangenot a une voix qui vous accroche immédiatement. Elle est parfois douce et d'autres beaucoup plus sauvage. Son regard est, lui, inoubliable, il passe de la souffrance, à la cruauté ou encore à la douceur avec une telle maîtrise, c'est époustouflant ! Avec elle toutes les émotions sont possibles et imaginables.
Plus que divertissante, cette pièce représente aussi une réflexion sur les rapports humains, et la société. En clair, quel plaisir d'être secoué un peu !
