Comédie dramatique de Bertold Brecht, mise en scène de Bernard Sobel, avec Olivier Bernaux, Priscilla Bescond, Chloé Chevalier, Christophe Degli Esposti, Caroline Espargilière, Eva Hernandez, Jonathan Manzambi, Vimala Pons, Noémie Rosenblatt, Sylvain Sounier, Marianne Téton, Clio Van De Walle et Slimane Yefsah.
Dans le cadre d’un Atelier dirigé par Bernard Sobel, 14 élèves de 3ème année du Conservatoire National Supérieur d’Art Dramatique, ont proposé des présentations publiques de "Sainte Jeanne des Abattoirs" de Bertold Brecht.
Bernard Sobel, metteur en scène et réalisateur, fondateur et directeur pendant près de 40 ans du Théâtre de Genevilliers, qui fut formé au Berliner Ensemble dirigé par la veuve de Bertold Brechy, Hélène Weigel, œuvre donc en terrain connu avec cette fable de la sainte et du financier.
Pour cette fresque économico-politique impitoyable, et toujours d'actualité, sur fond de dérégulation du marché de la viande à Chicago pendant la crise économique de 1929 et de lutte de classes, Bernard Sobel a opté pour une mise en scène tout en énergie, cris et cavalcades et une scénographie bifrontale intéressante mais inadaptée à la salle Louis Jouvet toute en longueur.
Le plateau transformé, de ce fait, en étroit boyau à deux entrées soumet le public au syndrome de Roland Garros et l'alternance d'un éclairage direct pleins feux et de lumières tamisées se révèle éprouvante pour les prunelles.
Cela étant, les jeunes comédiens, débordant de dynamisme et de vitalité, se dépensent sans compter et endossent sucessivement tous les rôles, procédé brechtien pour voir l'acteur derrière le personnage et propice au quart d'heure warholien.
Ce soir là, dans l'ensemble choral, deux élèves, Chloé Chevalier et Priscilla Bescond, sans esbrouffe ni cabotinage, montrent une belle maturité de jeu.
