Comédie écrite et mise en scène par Nicolas Moïssakis, avec Guillaume Ferrandez, Céline France, Gwen Lebret, Clotilde Pierre, Frédéric Souterelle et Nicolas Moïssakis..
Quelques cartons par ci par là, des portes un peu partout qui s'ouvrent et se referment aussitôt. Le décor est donc simple et sans prétention. C'est étonnant qu'avec si peu d'artifices il est possible de créer une comédie vraiment délirante. Le trésor, le vrai, se trouve dans les jeux des comédiens et bien sur l'écriture de cette pièce complètement rocambolesque.
L'histoire ou plutôt LES histoires (car il y en a qui sortent de toute part) ne sont pas figées cependant elle revienne toute vers le même homme, Guillaume Ferrandez, le Patron, l'écrivain. Celui qui a perdu son inspiration. Comment faire pour la retrouver et ne pas être confronté en permanence à l'angoisse de la page blanche ? Il va jusqu'à quitter la femme Maxime qu'il aime, "faire un break" comme il lui dit, pour retrouver son inspiration.
Peut-être est ce la solution, a-t-il besoin de retrouver sa muse ? Autant de questions qui, au fil des tableaux, vont trouver une réponse. Guillaume Ferrandez par son naturel et sa générosité sur scène nous fransporte sans difficulté au coeur de ses peurs. Autour de lui gravitent tous ces personnages qu'il invente et réinvente pour enfin peut-être arriver à construire une histoire, en tout cas la bonne...
Explication : L’histoire de la pièce est l’histoire de l’écriture d’une pièce, il y a donc deux histoires. Pas si facile de comprendre au début mais c'est ça qui est intéressant tant dans le jeu des comédiens que dans l'écriture bien pensée de cette comédie. Et puis comme ces histoires s’écrivent au fur et à mesure qu’elles se racontent, la mise en scène se construit au fur et à mesure qu’elle se représente.
Quant au "Distributeur de gifles automatique", eh bien, il matérialise les obstacles que l’on rencontre au fil de la vie. C’est dire s’ils sont nombreux. Et si ce sont des gifles en plus, alors ça remue.
Céline France alias Maxime, la femme de l’écrivain, joue elle plusieurs rôles. Elle est hôtesse de l'air puis hôtesse d'accueil puis muse. Partout où ira l'écrivain, partout il aura l'impression de la croiser. En clair elle le hante et il ne voit qu’elle. Céline France est efficace, pleine de vie, explosive et joue excellement bien tous ses rôles avec une aisance scénique éclatante.
Clotilde Pierre qui est Porcelaine est elle aussi assez incroyable. Elle est vive et complètement déjantée puisque c'est aussi une femme paniquée persuadée d’avoir vu voler un homme à travers le hublot d’un avion. Elle a une voix à couper le souffle, étrange et envoûtante à la fois, elle s'accapare de son personnage à merveille.
Frédéric Souterelle ou Tito, un clochard persuadé de savoir voler plus il boit du whisky. Il est spectaculaire à moitié fagoté, il ne ressemble pas à grand chose. Il donne vie à son personnage avec tant d'ardeur qu'on s'y attache immédiatement On a envie d'être près de lui et de croire sans complexe à toutes ses élucubrations. Il a en effet un style bien à lui qu'on ne modifierait pour rien au monde.
Le dernier enfin presque à arriver sur scène c'est Gwen Lebret, le Nègre, l’homme qui vient en aide à l’écrivain quand c’est la panne sèche. C'est le deuxième cerveau de l'écrivain. Avec son look de rastafarien et sa barbichette de 2 mètres de long, il est forcément unique. Et puis on ne s'attend pas à voir un nègre qui a ce look qui ressemble à rien. Il est fou, complètement barré c'est génial.
Une apparition qui sort de nulle part est celle de Nicolas Moïssakis qui est l’unijambiste. Personne ne sait ce qu’il fait là, pas même lui. C'est franchement tordant !
En définitive "Le distributeur de gifles automatique" matérialise les obstacles que l’on rencontre au fil de la vie. On se rend très vite compte que, forcément, ils sont nombreux ces obstacles. Et comme ce sont des gifles, ça secoue dans tous les sens du terme !
