Comédie dramatique de Sasha Pairon, mise en scène de Xavier Jaillard avec Virginie Lemoine et Anaïs Maro.

Temps de guerre, tant de haine,une soif de vengeance, et pourtant une pincée d'espoir, de tendresse et d'amitié.... Un banc à l'ombre est non seulement une pièce qui prend au coeur de par son actualité mais également sa réalité incarnée divinement bien par deux comédiennes explosives, douées d'un talent incontestable.

Lorsque l'on parle de Virginie Lemoine, on se souvient principalement de son duo avec Laurent Gerra qui évidemment l'a rendu populaire. Cependant, celui- ci est loin d'être son seul fait marquant dans le métier. Le théâtre, elle si connaît et pas à moitié.

Dans "Un banc à l'ombre", Virginie Lemoine incarne à la fois la tristesse d'une vie silencieuse mais également l'autorité. Elle nous transporte dans un monde difficile où la haine, l'horreur et la dictature font rage. Son attitude, son jeu de comédienne, font qu'elle a su littéralement s'accaparer son personnage. Elle le rend touchant, bouleversant, déstabilisant. On a envie d'être auprès d'elle même si à première vue Myla alias Virginie Lemoine est une militaire qui est là pour faire respecter l'ordre et ira jusqu'à tuer s'il le faut.

La relation qu'elle tisse progressivement avec Niobé (Anais Maro) une jeune villageoise enceinte jusqu'au cou, nous font croire en des jours meilleurs : à l'humanité, à l'intelligence, à la clarté d'esprit... Bref, c'est une véritable leçon de courage, d'amitié que l'on reçoit.

Anais Maro qui elle incarne un personnage frais, plus tendre, plus aimant parce qu'aimé nous dévoile elle aussi une personnalité vive, et engagée. Niobé son personnage est courageuse et ira jusqu'au bout pour obtenir ce qu'elle veut au plus profond d'elle. Sa famille c'est compliqué surtout lorsque la guerre a fait rage, mais son personnage est une famille dans sa globalité. Elle a tout retenue, elle sait ce qui s'est passé, ce qui se passe et ce qui se passera... Elle est bluffante, scandaleusement brûlante de passion pour son combat.

Avec un décor simple, un musique en fond, un banc toujours à l'ombre au dessus d'une colline sur lequel si l'on veut s'y asseoir il faut monter plus de 300 marches. Juste pour un bol d'air, une vue imprenable, et la compagnie d'une militaire, c'est sur ce banc qu'il faut s'asseoir... Il s'y passe en réalité beaucoup de choses tant dans son corps que dans sa tête.

En tout cas cette pièce profonde et poignante donne à réfléchir bien au delà de nos propres frontières qu'elles quelles soient...