Comédie dramatique de Jaime Salom, adaptation de Jacques Collard et Nicolas Laugeri Lasserre, mise en scène par Jean-Pierre Dravel et Olivier Macé, avec Catherine Allégret, Cécile Bois, Félicien Juttner, Cécile Luciani, Laura Presqurvic, Christelle Reboul et Serena Reinaldi.

Pour "Les demoiselles d'Avignon", l'auteur espagnol de comédies à succès, Jaime Salom, s'est inspiré d'un épisode célébrissime de la vie et de l'œuvre de Picasso : le tableau cultissime au nom éponyme, qui marqua l'avènement du cubisme, portraiturant les prostituées d'une maison close de la rue Aviñon à Barcelone fréquenté par le jeune Pablo.

Cela étant, il ne s'aventure pas dans le théâtre réaliste mais signe une simplissime comédie de boulevard sans autre prétention que de divertir sur fond de trame "historique" avec une histoire romancée et édulcorée qui repose sur trois ingrédients : la figure mythique d'un artiste d'exception qui fut également un homme de tempérament, la Belle Epoque décor des comédies de boulevard et le thème grivois des maisons closes.

La mise en scène ad hoc, œuvre, à quatre mains, de deux bons faiseurs, Jean-Pierre Dravel et Olivier Macé, qui travaillent régulièrement de concert, ne décevra pas les amateurs du genre.

Sur scène, Félicien Juttner a la "gueule" de l'emploi pour donner une matérialisation visuelle du jeune Pablo qui se délecte dans ce gynécée piloté par une tenancière au grand cœur (Catherine Allégret qui manque un peu de souffle) secondée par une fille bien élevée (Cécile Luciani un peu effacée).

Les tenues légères et dessous aguicheurs pour plastiques irréprochables sont de rigueur pour les fameuses "demoiselles" dont il est proposé quatre déclinaisons : le cœur de midinette (Serena Reinaldi dilettante), la révoltée dépressive (Laura Presgurvic mélodramatique), la pragmatique (Christelle Reboul pétillante) et la brave fille mère (Cécile Bois pétulante).