Combien la jonque "la Guinguette pirate" semblait grande ce vendredi 30 mai malgré une scène plus spacieuse qu’à l’accoutumée ! Trop grande parce qu'à la faveur d'un week end à rallonge et de quelques rayons de soleil, le parisien fut pris d'un soudain engouement pour la campagne et les condamnés à la capitale préféraient profiter des extérieurs pour siroter un verre en sarouel et en tongs plutôt que de s'enfermer, que dis-je seulement même monter, sur le bateau pour un concert qui méritait bien mieux.

Bien difficile de s’imaginer l’état d’esprit des musiciens face à leur auditoire composé de 30 personnes, dont une bonne quinzaine composé d'amis du groupe et dont l'autre moitié est arrivée là par hasard !

 

La première partie fut assurée par Virgil Shaw, un songwriter folk, qui pendant 30 minutes a réussi l'exploit de retenir l’attention et l’audience des rares spectateurs malgré le coté parfois un peu ennuyeux de ce genre d'exercice lorsqu'il est mal éxécuté. Ici, muni de sa guitare sèche, Virgile enchaîne des morceaux, certes pas révolutionnaires, mais qui habitent totalement le bonhomme qui triture autant sa guitare qu'il se tord la mâchoire.

 

 

Une fois que tout le monde, y compris les musiciens, avait pris son petit bol sur le quai, accompagné de quelques copieuses rasades de bière, Felix Costanza et ses compères de Granfaloon Bus regagnent la scène.

       


Guitare acoustique et chant pour Felix, la basse de Jeff Stevenson, Ajax Green à la guitare électrique et Jeff Palmer à batterie pour ses trois compères et amis (cf. interview).

 

Formation classique à géométrie variable, puisque le guitariste et le batteur sont interchangeables au gré des morceaux, qui va nous distiller 1h15 durant un folk rock énergique plein de ballades, de bonne humeur et de plaisir de jouer.

Et c’est un vrai moment de bonheur parce que les Granfaloon sont de bons musiciens et jouent d’abord pour le plaisir de jouer et que cela se ressent. Ensuite parce que le nombre restreint de spectateurs transforme ce concert en soirée entre amis et les incite à laisser libre cours à leurs facéties. Le batteur va jouer un morceau entier le visage caché par le rideau de fond de scène, le bassiste préférant parfois jouer dos à la salle ou perché sur le socle du mat !

 

A partir des bases folk rock traditionnelles, les Granfaloon Bus ont su, par petites touches, créer leur propre son et la voix singulière et rocailleuse de Felix, sur des textes alliant humour et provocation (comme par exemple le Christ abusant de la téquila qui oublie de resusciter à Paques dans "The far from perfect cha cha") valent la peine de les écouter avec attention.

Mise en bouche avec la ballade de "Beggar fatigue", premier titre de leur dernier album don tils joueront également "Part I" , "Silent mayhem dreams" et "Lucky curtains" pour une fin en douceur avant un dernier morceau "fast" à la demande du public! Ils joueront les meilleurs morceaux de l'album "Good funeral weather" ("Some kind of other love", "Too hangry to fly" et le superbe "Seeded clouds") et surtout de nombreux morceaux de leur avant dernier album "Exploded view" dont notamment de petits bijoux que sont "Petty" ou "A binary story" et "Heatwave machingband soldier" qui ne peuvent être comparés à aucun autre morceau.

Granfaloon Bus n'a certes pas l'audience qu'il mérite et il est dommage que la programmation de leur concert parisien intervienne lors d'un week end prolongé de ce mois-gruyère de mai !