Marie-Annick Lépine, la jolie multi-instrumentiste des Cowboys fringants, s’est échappée du groupe le temps d’un premier album Au bout du rang et vient présenter son travail ce soir au Café de la Danse. La salle, à taille humaine, permet un contact proche et correspond tout à fait à l’ambiance cosy de l’album.
Le public n’est pas vraiment dense, ce soir. Mais la bienveillante assemblée présente en vaut bien mille. De plus, des québécois se sont insidieusement mêlés au public (facilement reconnaissables dès qu’ils prononcent un mot !) soutenant avec force leur artiste.
Catherine Durand, musicienne de Marie-Annick, fait la première partie. A l’origine seule sur scène, les membres du groupe viennent tour à tour lui prêter main forte et avec une fraicheur toute québécoise, la jeune femme égrène un folk de bon aloi.
Après un court entracte, Marie-Annick Lépine revient tout sourire, accompagnée de ses musiciens. Elle finit ce soir sa mini-tournée française de 4 concerts, presque étonnée d’être là.
Petite salle et public peu nombreux, tant mieux finalement car les chansons de la demoiselle ne se prêtent pas aux grands espaces mais plutôt aux endroits intimistes, propices aux confessions.
Le public se sent plus invités que spectateurs. Marie-Annick réussit à installer, tout simplement par son sourire et sa simplicité une complicité sincère.
La québécoise passe d’un instrument à l’autre sans même y prêter attention. Que ce soit le violon, la guitare, la mandoline ou le piano, elle fait jouer ses mains avec aisance sur tous les instruments. Elle n’est pas une chanteuse à voix mais est empreinte d’une sensibilité réelle et fait des chansons qui lui ressemblent.
La jeune femme dialogue avec le public et explique, en introduction, le sujet des chansons. Elle nous parle de sa jeunesse ("La belle époque") en expliquant même quelques termes bien québécois pour permettre une meilleure compréhension et nous raconte sa grand-mère qui perd la mémoire et ne la reconnait plus ("Douce Mamie").
Sa sincérité touche. Puis elle chante "Les mines du Nord", chanson qui lui est venue lors d’un passage dans une ville dont la mine venait de fermer et qui était en passe d’être rachetée par les chinois. Avec ce thème de la perte de la souveraineté des peuples sur leurs richesses naturelles, elle reprend ainsi un thème cher aux Cowboys fringants.
La demoiselle enchaine les morceaux de l’album et, afin de compléter son tour de chant, se réapproprie "Ma belle Sophie" qu’elle interprétait sur l’album des cowboys, en y ajoutant de belles envolées musicales en guise de conclusion et reprend "Tête de Gigue" du célèbre duo Jim et Bertrand (enfin une célébrité surtout québécoise) à deux voix avec sa partenaire de scène Catherine Durand.
Dans son style folk- country, Marie-Annick Lépine, fidèle à son image a su donner un concert chaleureux à un public attentif. Une bien belle soirée presque entre amis, tout en douceur.
