Après l’été et ses centaines de milliers de festivaliers, revient septembre et son lot de concerts intimistes dans la capitale. Le contraste est plus que saisissant pour cette première sortie, au Sunset, club de jazz situé rue des Lombards.

A l’affiche : Gary Lucas, guitariste de la dernière mouture du Magic Band avec Don Van Vliet ayant collaboré avec feu Jeff Buckley et plus récemment avec Tanger … un CV bien étoffé en somme …

Peu après 22h, après avoir traversé un public composé d’une trentaine de personnes, affublé d’un costard blanc, notre homme s’avance doucement sur la petite scène jonchée de pédales et de sampleurs. A l’arrière, trois six-cordes fatiguées (électrique, slide et acoustique) attendent sagement leur heure debout sur un étui à guitares.

La première élue sera la Strato bleue pour une virée sur l’autoroute en hommage à son groupe allemand préféré. Entrée en matière osée, mais Gary Lucas s’en sort comme un chef, donnant à "Autobahn" un éclairage nouveau gorgé de vibrato. La suite est tout aussi surprenante avec une splendide relecture de la musique des "Vacances de Mondieur Hulot" de Jacques Tati.

Même à ce stade du concert, la technique (à l’acoustique surtout) dont il fait preuve est tout bonnement époustouflante, un toucher incroyable, sans médiator, sec, claquant. La majeure partie du set sera consacrée à des reprises instrumentales (à une exception près) jamais ennuyeuses, à la guitare sèche. Comme tout le portait à croire, les références à Buckley fils ne furent pas légion mais intenses entre un instrumental inédit cadeau pour le défunt deuxième album, " Mojo Pin" perdu dans un medley au milieu du show avant une poignante version de "Grace" pour clôturer le show : la musique telle qu’on voudrait toujours qu’elle soit, vivante, fascinante, classieuse.

Il convient enfin de ne jamais oublier que ce guitariste est l’auteur de la musique des deux titres sus-cités figurant en ouverture d’un des joyaux des années 90.

Respect éternel.