"Apprendre à aimer" retrace l’entretien qu’a eu, en 1975, Madeleine Chapsal, journaliste et écrivain, avec Serge Leclaire, praticien lacanien de réputation internationale qui avait été son psychanalyste, avec une préface de Julia Kristova.
Cet entretien qui avait été initié par Serge Leclaire lui-même à la suite de la publication de son ouvrage "On tue un enfant", dont il voulait aborder de manière plus accessible les thèmes essentiels, était destiné à être publié.
En effet, l'accessibilité et la vulgarisation de ce qu'il nommait "la chose psychanalytique", ont toujours été au centre de ses préoccupations, aussi bien quand il a fondé le département de psychanalyse à l’université de Vincennes en 1969 que lors de sa participation à l’émission télévisée "Psyshow" produite par Pascale Breugnot au début des années 80.
Par ailleurs, et en l'occurrence, l'amour, thème universel et fondamental est au coeur de cet entretien, dont le titre tout en paraissant surprenant est éclairant.
Or, selon la théorie de Jacques Leclaire, l'amour est par ailleurs indissociable du langage qui lui-même qui, comme pour Jacques Lacan dont il fut le premier élève et avec qui il fonda, en compagnie de Françoise Dolto, la Société française de psychanalyse, le langage constitue l’élément indispensable d'accès au monde, de structuration de soi et de reconnaissance des autres mais aussi le médium d’introduction dans un monde de représentation de soi.
Et ce processus implique de tuer l'enfant merveilleux, et tyrannique, qui est en chacun de nous et qui est une simple représentation non viable du fantasme inconscient des autres, principalement et premièrement de celui de la mère.
La boucle est bouclée si l'on peut dire, certes ici en un raccourci elliptique, et ce dialogue à bâtons rompus, même s'il n'est pas pas compliqué en termes d’écriture, reste néanmoins complexe quant aux concepts qu’il aborde. D'autant qu'il n'a qui n'a pas été remis en forme sur le moment par les protagionistes et que, du fait du décès de Serge Leclaire, Madeleine Chapsal en publie le contenu original. Cela étant, il n'en demeure pas moins, même pour le néophyte, inétressant par le questionnement permanent qui l'anime.
Et simultanément, Madeleine Chapsal publie un roman "Il vint m'ouvrir la porte" sur la quête d'une jeune femme pour l'amour : "Aimer, pouvoir aimer, savoir aimer est une faveur, une grâce...".Un roman en deux volets séparés par un hiatus de trente années...
Cet entretien destiné, dès sa formalisation, à être publié sera donc resté entre parenthèses pendant plusieurs décennies. Mais comme l’écrit Madeleine Chapsal dans l’avant-propos d’ "Apprendre à aimer", reprenant un propos de Lacan, "Tout message finit par parvenir à son destinataire."
