Journaliste, romancière, dramaturge, Madeleine Chapsal a la plume féconde et procède régulièrement à plusieurs publications annuelles.

En cet automne 2007, paraissent un roman "Il vint m'ouvrir la porte" et "Apprendre à aimer" qui regroupe les entretiens qu’elle a eu avec le psychanalyste Serge Leclaire, une parution simultanée qui n’est pas neutre au regard de la thématique abordée..

Madeleine Chapsal n’a toujours pas épuisé son thème de prédilection, thème d’ailleurs inépuisable, qu’est le sentiment amoureux. Mais en contrepoint, une autre thèmatique tout aussi prégnante, celui de la parole. Et sa fébrilité d'écrivain prouve son attachement à ce vecteur indispensable et essentiel de la communication, de la compréhension et du partage avec l’autre, l’être aimé, mais aussi les autres. Ici la parole écrite.

Dans les années 70, loin des baba cool happés par l’appel du retour à la terre et du féminisme revisité etdu droit au plaisir, Mathilde, nourrit des aspirations conventionnelles de mariage heureux, d’enfants qui jouent avec le chien dans le jardin. Mais elle ne vit pas à Disneyland et passe des journées à plat ventre sur son tapis à sangloter.

Dans ce roman au titre symbolique, conçu en deux volets chronologiques comme une rédemption, Mathilde, qui pourrait être la sœur aînée de Cécile de "Bonjour tristesse", raconte, narration à la première personne, ses amours vaines, ces hommes dans les bras desquelles elle ne contemplait que des horizons vides. Trente ans après, elle dialogue avec celui qui va changer sa vie.

Sur fond de mélancolie, le paysage de ce roman c'est, plus que les souffrances du coeur, ses défaites et sa renaissance, un paysage traité de manière impressionniste qui éclaire une époque et une quête, celle d'"aimer, de pouvoir aimer, de savoir aimer [qui] est une faveur, une grâce...".

L'écriture de Madeleine Chapsal est limpide, les mots coulent sans efforts , sans heurts. Elle met en mots, bien évidemment une part d'elle même, mais également un beau portrait de femme fragile, émouvante, lucide mais jamais désenchantée qui pourrait être celui de bien d'autres femmes qui s'y reconnaitront.