Avant de faire un bref compte rendu de concert, rapide retour sur quelques événements:
Le principe initial était un festival étalé sur deux jours (samedi/dimanche) au fin fond de Long Island. Quatre jours avant le concert, un arrêté (suite à un procès du comté de Suffolk) interdit l'organisation du concert !

Le lendemain, une solution "de rechange" est proposée : 1 jour de concert au Giants Stadium, personne ne sait qui sera vraiment sur scène le jour dit. Le jour même il pleut sans interruption de 8h à 19h30 et cela recommence à la fin du concert de Radiohead (23h45). Beck n'a pas fait de concert, il est a l'hôpital (on sait désormais que ce n'est pas grave, ouf...).

Donc forcément ça partait mal…

RADIOHEAD (21h45-23h45 )

...ou comment sauver du désastre un festival raté et re-raté, marque par une pluie insoutenable et une organisation qui laissait a désirer.

Thom Yorke arrive sur scène alors qu'il ne pleut plus, l'audience n'en peut plus de ce festival qui a trop déçu. L'ovation est immense. On sent Thom Yorke presque joyeux, le sourire presque innocent. Sur lui et le reste du groupe repose cependant la lourde tâche de ramener à la raison un public épuisé et énervé contre les organisateurs.

Deux chansons du dernier album pour commencer. Le public est réceptif (surtout sur "2+2=5") mais ne se laisse pas aller. Thom prend la parole : "Thank you...I'm sorry about the rain...I'm very sorry...but now it's OK" ...sourire léger et, une seconde plus tard, "The national anthem" s'ensuit une série de grande qualité.

Le son est rond, précis. Thom se bat avec une ferveur incroyable. Johnny, Colin, Phil et Ed sont plus présents que jamais, l'installation lumineuse fonctionne à merveille et je suis très près de la scène (fruit de ce qui va certainement être un gros rhume dès demain). Perfection proche de l'absolu sur : "Sail to the moon", "No surprises" et le remarquable tierce pre-rappel : "Paranoid android" , "Idioteque", "Everything in Its right place".

Rappel : "Exit Music" est ici un bijou. Avec des variantes à la guitare, il en ressortait quelque chose de fou, trop beau pour être vrai. Au final, un programme assez varié et audacieux dans la mesure où le stade des Giants aurait été plus du genre à accueillir "Karma Police", "Let down", "Knives out" ou même "You and whose army" mais qui a laissé une large place aux anciens albums du groupe.

Radiohead a eu affaire a un public très tendu et "Just" et "Paranoid Android" ont entraîné des mouvements de joie incontrôlés et des évanouissements à n'en plus finir (pour être tout devant, il fallait ne pas bouger du devant de la scène entre 15h et 22h, i.e. pas de pause...sachant qu'il pleuvait averse sans interruption et que l'on a appris au tout dernier moment la non-venue de Beck, certain(e)s ne pouvaient plus tenir debout) Sans être original, je pense que le prochain album est énorme.

Le concert, lui, valait largement $93 et un rhume...

SETLIST : there there - 2+2=5 - the national anthem – lucky – just - kid a - go to sleep - climbing up the walls – backdrifts - sail to the moon - sit down stand up - pyramid song - no suprises - i might be wrong - where i end and you begin - - - paranoid android – idioteque - everything in its right place - - - exit music (for a film) – myxamatosis - talk show host - how to disappear completely.

BLUR (16h15-17h30)

Fabuleux! Set excellent mais trop court sous une pluie battante : "Brothers and Sisters" que j'aime beaucoup et autres Think Tank dont un excellent "Crazy Beat" sur scène. Hors Think Tank : "Beetlebum" (remarquable, j'étais ébaudi par le charisme de Damon Albarn, son audace à parader sous la pluie pour se rapprocher du public, une classe et une aura inouïes, et surtout une version idéale, coulante et ciselée à la fois, d'une de mes chansons de Blur préférées), "Girls and Boys" (sans l'idiot devant moi qui pogotait avec lui-même doigts en l'air et en chantant, j'aurais trouvé cela très rafraîchissant et distrayant...cela reste d'une efficacité redoutable), "Song 2" (du bonheur, du bonheur, du bonheur, depuis le temps…), "Tender" (je m'en serais bien passe pour le coup), "There's No Other Way" (j'aime beaucoup) .

BEASTIE BOYS (18h45-20h30)

Set horriblement approximatif, mal préparé, des looses à répétition. Les B-Boys n'en restent pas moins de fantastiques show-men et offrent un spectacle original et toujours assez frais. Si seulement ils n'étaient pas si dilettantes et s'occupaient de voir quels disques mixer avec leur DJ avant de monter sur scène... Ceci dit, au moins, grâce à eux, on a retrouve des basses correctes et un son un peu plus élevé (oui....les américains doivent avoir peur de se prendre des procès au cul de gens devenus sourds aux suites d'un concert, du coup c'est rarement fort)

Quelques grands mouvements (de la foule - du moins pas celle trop près de la scène, les radiohead-ophiles aiment apparemment les B-Boys mais pas au point de s'arracher complètement comme certains dans les gradins ou une mystérieuse lolita brune aux yeux verts en jean marron, snickers puma et T-Shirt moulant bleu électrique et jaune poussin qui semblait animée d'une fougue incroyable et ne faisait qu'attirer les caméras et mon oeil comblé) et de bons moments de complicité entre trois grands gamins qui ont du talent et tiennent encore quelques-uns des tubes phares qui passent régulièrement en club à NYC.

UNDERWORLD

Du sous-Moby sur scène. Malgré quelques titres-phares qui font partir la foule sans le moindre effort, le produit reste fade et superficiel.

SPIRITUALIZED

Très agréablement surpris, tout s'enchaîne à merveille, les classiques comme les récents un peu moins connus, c'est efficace, ça tourne, l'énergie est là, les mélodies aussi. Le public semble circonspect. Le set ne dépassera pas les 40 minutes.

BETH ORTON

Très sympathique mais un peu choquée par la pluie : elle faisait des blagues à la Cat Power. Heureusement, quand elle chantait (sauf a cappella, ou le stress a fait changer son tempo de façon dramatique), ça allait dans une dimension très intéressante, tragi-comique et élégante à la fois.
Beth Orton est aussi irrésistiblement charmante quand elle chante. Alors quand elle fait des pas de danse en chantonnant "Singin' in the Rain"...

LIZ PHAIR

Relativement sans intérêt et dénué de souffle…