Spectacle conçu et interprété par Jackie Berroyer accompagné par Brice Delage à la guitare.
Jackie Berroyer, qui dit de lui-même, "Je suis avant tout un acteur capable de jouer n'importe qui du moment que cela correspond à mon mode d'expression personnel un peu lent et mou", s'est brodé un solo sur mesure dans lequel il donne libre court à son emploi un peu lunaire de clown triste. Rodé l'an dernier au Théâtre Le Temple, "Ma vie de jolie fille" revient au Théâtre du Rond point, charentaises en moins.
Journaliste, critique musical, écrivain, scénariste de BD et de cinéma, comédien, il a acquis une belle notoriété avec son apparition de standardiste décalé dans l'émission "Nulle part ailleurs" à la belle époque de Canal Plus. D'où la réflexion parfois amère, désenchantée et sans doute un peu autobiographique, sur les avantages allégués de cette notoriété "pafienne" notamment auprès des femmes.
Son personnage, médiatisé météorologique, petit sexagénaire au physique ordinaire, qui proclame haut et fort une indéfectible érotomanie et nourrit une concupiscence monomaniaque pour les très jeunes femmes, s'avère aussi attachant qu'horripilant.
Mine de rien, avec son ton bonhomme, sa vue basse et une fausse maladresse, il nous livre quelques extraits d'un vrai faux journal intime satirique autofictionnel émaillé de quelques intermèdes dans "l'espace chanson", accompagné à la guitare par Brice Delage, et en jouant lui-même, avec des textes bien sentis qui pourrait bien devenir cultes comme l'ode à la Bretagne ou "on fait, la nuit, des rondes à al lueur des fars aux pruneaux".
Celui qui collaborât pour Hara Kiri a conservé une plume affûtée et sa prose réaliste, crue, parfois caustique, souvent gorgée d'humour noir et toujours iconoclaste, dresse quelques beaux portraits tragi-comiques.
Jackie Berroyer livre donc un premier spectacle solo singulier, drôle, fantasque, burlesque, et décapant chaudement recommandé.
