Comédie dramatique écrite et mise en scène par Nicolas Moïssakis avec Romain Ogereau, Marylise Doctobre, Loïc Lefebvre, Clotilde Pierre et Christophe Jeannel
Dans une période troublée, qu'on devine rattachée à une dictature, où les prisons sont remplies de personnes dont le crime est parfois uniquement d'avoir voulu vivre de et par la culture, un seul endroit voit se toucher la cellule d'un homme à celle d'une femme.
Séparées par un mince mur effritable, dans l’une se trouve Nolo, dans l’autre Delphy. Malgré le mur, malgré le noir, ces deux là s’aiment et se parlent sans cesse chaque soir jusqu'à décider un jour de creuser un trou entre eux, pour terrasser leur prison. Delphy va tomber enceinte.
A cette première intrigue basée sur une histoire vraie (celle de deux prisonniers en Turquie qui étaient parvenus de la même manière à vivre une idylle ayant abouti à la naissance d'un enfant) vient se greffer celle de Rainart et de son amour absolu pour sa geôlière. Entre ces deux couples d’amants improbables, un intermédiaire: Frewin, faux veilleur de nuit, qui s'est fait embauché pour délivrer Rainart…
La prison n'est pas toujours celle que l'on croit : malgré la ferveur et la passion avec laquelle Frewin prend en charge l'avenir de Rainart, ce dernier refuse de s’évader. Emprisonné par son amour pour la sentinelle, femme intransigeante et insensible, pour qui il décide de rester au fond de son cachot jusqu'à sa mort....
Jouant beaucoup sur les corps et la lumière, la mise en scène rend compte de l'univers carcéral tout en restant assez sobre. Exaltés, prudents, passionnels ou pulsionnels, ce sont surtout dans les failles de leur personnage que les acteurs se révèlent les plus intéressants.
Au-delà du thème de l'amour intimement lié à celui de l'emprisonnement, c'est aussi ceux de la culpabilité et de la condamnation que l'auteur Nicolas Moïssakis interroge ici : qui est le plus coupable, de celui qui enferme ou celui qui est enfermé ?
