La grande exposition internationale "Penser avec les sens, Sentir avec l'esprit" organisée par Robert Storr, le directeur artistique de la 52ème Biennale de Venise commence dans le pavillon Italia situé dans les Jardins.

En effet, le nouveau pavillon italien, inauguré cette année, se situe désormais à l'Arsenal.

Pour cette entrée en matière, peu de surprises mais des valeurs sûres et reconnues.

La vieille garde américaine

L'art contemporain est-elle source de jouvence ? Moyenne d'âge supérieure à 80 ans.

Dès l'entrée du pavillon, l'installation de la doyenne, Nancy Spero artiste américaine plasticienne et peintre née en 1926, figure majeure de la contre culture, toujours engagée, qui s'insurge contre la guerre en Irak.

"Maypole/Take no prisonners" est dépourvu d'ambiguïté : des têtes décapitées, figées dans un cri, pendent d'un macabre mat de cocagne.


Ellsworth Kelly, le maître de l'abstraction minimaliste, reprend son exploration de la couleur avec des monochromes en superpositions décalée et en relief.

L'obsession du blanc n'a pas quitté Robert Ryman qui présente une série de blancs travaillés sur une base colorée.

Le Gotha du réalisme capitaliste allemand

De justesse leurs cadets, sont réunis les deux acolytes et condisciples Gerhard Richter et Sigmar Polke.

Le premier expose une série abstraite, "Cage", en écho à la musique de John Cage. Réminiscence pop art avec le second qui mélange les matériaux et manipule les images culturelles.


Un pionnier de l'arte povera


Avec l'Italien Giovanni Anselmo et "Dove le stelle si avvicinamo di una spanna in piu mentre la terra si orienta", installation minérale de granit et de sable, métaphore de l'éternité et le temps qui passe.

Les couleurs de l'Afrique

L'Afrique est à l'honneur cette année à Venise avec l'inauguration du pavillon africain et l'attribution du Lion d'or à la carrière au photographe malien Malick Sibidé.

Aux deux extrémités, le naïf pop du Congolais Cheri Samba et l'abstraction du ghanéen de la diaspora Odili Donald Odita.

Le souhait de Chéri Samba ("J’étais le Chéri des dames, je voulais être aussi le Chéri des amateurs d’art, le Chéri des dieux") est exaucé.

Ses autoportraits fictionnels saisissent les problématiques contemporaines avec une acuité toute populaire.

Dans la mouvance de l'abstraction géométrique, Odili Donald Odita signe des fresques murales abstraites et éphémères sur le choc et le métissage des cultures.

La satire se lève à l'Est

Le Roumain Dan Perjovschi transcrit les problématiques contemporaines en deux coups de craie avec un humour ironique dans ses "dessins-sténogrammes".

Le néo concrétisme brésilien

A'honneur, Waltercio Caldas, artiste dans la mouvance d'Helio Otticica, avec son installation "Half mirror sharp" sur l'approche mulltisensorielle des objets.