Texte de Sony Labou Tansi, mis en scène et interprété par Jean Felhyt Kimbirima
L’acteur est seul sur scène, sobrement vêtu de blanc. Un masque et une robe seront ses uniques "interlocuteurs". Il est le commandant Zenouka, celui qui a commandité la mort du colonel Adinonso et reconstitue devant son auditoire les étapes le menant au peloton d’exécution.
Persuadé que son frère d’arme a eu une relation avec sa femme, accablé par les proférations triviales de cet ancien ami, Zenouka voit dans la mort qu’il lui donne un juste châtiment.
Le texte de Sony Labou Tansi est étonnant : poétique et brutal, il aborde, parfois avec violence, et en les ramenant à leur essence la plus primaire, les thèmes de la mort, du sexe, de l’amour …Ce sont les pulsions et les instincts animal de l’homme que Zenouka interroge et découvre : ces barbaries quotidiennes, cette cruauté de l’amour, cette puissance du ressenti et de la haine…
Après avoir commandé la mort, les mots deviennent ses seuls remparts pour dépasser ses pulsions, pour tenter de comprendre des actions irraisonnées. Conduit par sa bêtise, ses peurs et son orgueil, l’homme se fourvoie et sombre rapidement.
Ecrire, parler, créer sont les seuls armes qui lui permettent de lutter contre cette violence, de poser un point virgule au milieu des combats et de la haine.
