Le Montparnasse du 19ème siècle  a disparu. Restent quelques lieux préservés, presque cachés, comme l’impasse arborée du Chemin du Montparnasse, dans laquelle sont nichés de discrets petits ateliers d’artistes dont l’un abrite le Musée du Montparnasse.

Ayant notamment pour vocation de sauvegarder la mémoire des artistes prestigieux qui oeuvrèrent dans le quartier, le Musée du Montparnasse, qui propose régulièrement des expositions à la thématique toujours très pointue, présente avec "Les heures chaudes du Montparnasse" une exposition quasi documentaire dans une perspective plus généraliste d’évocation de l’âge d’or de Montparnasse.

Cette exposition a été conçue par Sylvie Buisson, conservateur délégué et spécialiste de l'oeuvre de Foujita, et Jean-Marie Drot, fondateur du musée, comme un parcours initiatique et une déclinaison muséale d'une série de documentaires, réalisés par ce dernier pour la télévision, à l'occasion de leur réédition.

En effet, dans les années 60, alors que les pelleteuses s'attaquent à Montparnasse pour en faire le quartier d'affaires de la rive gauche, Jean-Marie Drot, écrivain, documentariste, réalisateur, qui fut directeur de la Villa Medicis, part à la recherche de ces "heures chaudes", recherche d'un temps révolu en filmant les derniers vestiges de la belle époque de Montparnasse, et s’entretient avec les artistes emblématiques encore vivants à cette époque.

Du Mont Parnasse au Montparnasse populaire et joyeux

Après avoir été la butte des poètes au 17ème siècle, lieu de promenade au 18ème siècle et lieu de festivités au 19ème siècle qui connut l’essor des guinguettes et des cabarets, le très modeste quartier Montparnasse deviendra, au début du 20ème siècle, le cœur de la vie intellectuelle et artistique parisienne des années folles.

Nombre d’artistes, comme Picasso, quittèrent la Butte pour s’installer dansun quartier qu'Apollinaire décrivait comme "un asile de la belle et libre simplicité", y trouvant ateliers à bas prix, cafés compréhensifs et lieux de divertissements.

Tous les artistes émigrés, "de l’Oural au Mississipi" pour qui, comme Chagall, "le soleil de l'Art brillait alors seulement sur Paris", y débarquaient, créant ainsi une colonie d’artistes informelle et bohême et un lieu bouillonnant de création artistique.

Peinture, sculpture, poésie, photographie, tous les arts y étaient représentés et la liste des artistes, aujourd’hui tous reconnus comme majeurs, qui habitèrent ou fréquentèrent le quartier est impressionnante.

La plupart d'entre eux figurent dans cette exposition qui regroupe sans doute le plus grand nombre d'artistes exceptionnels au mètre carré.

Associées à la diffusion des documentaires de Jean-Marie Drot, leurs oeuvres vous convient à un rendez-vous unique et un vrai voyage illustré, in situ, dans l'histoire de l'art du siècle passé.

Un bouquet d'artistes et un feu d'artifices de couleurs picturales

Le visiteur est accueilli par "La jeune fille à la colombe" de Zadkine et le "Nu à la grappe de raisins", portait nacré de Pascin qui l'introduisent dans leur Montparnasse.

En haut de l'escalier en colimaçon, vous attend Modigliani, surnommé "le prince de Montparnasse".

Et puis tous les autres rassemblés, une fois encore, pour une promenade dans les cafés avec Desnos et Garbari ou au cirque avec "La dompteuse et le lion" de Foujita.

Tour d'horizon des mouvements artistiques avec le fauvisme de Van Dongen et de Vlaminck, le cubisme coloré des peintres de la Miteleuropa et de Russie, Marevna, Chagall, Kisling, Paparoff le franc-tireur du surréalisme, l'expressionnisme avec Soutine et puis Picasso, Picabia, Rivera, Giacometti et tous les autres.

En partant, encore un dernier regard sans doute au très beau nu de la belle Kiki de Montparnasse peinte par Mendjisky.