Monologue d’après "Le schizo et les langues" de Louis Wolfson, adaptation et mise en scène de Sylvie Reteuna avec Michel Jurowicz.
Un jeune homme raconte sa rencontre avec une prostituée pour calmer l’étrange sensation que lui procure la dernière partie de son tube digestif.
On ne sait si ces paroles sont celles d'un récit, d'un soliloque ou l'expression du réel immédiat. Car l'indifférence affective, la maîtrise lexicale et l'intonation prosodique inhabituelle sont celles d'un schizophrène.
Cette prise de parole, cette aventure des mots toujours liée au sexe et à l'amour, va-t-elle aller au delà de la simple histoire individuelle pour nous apprendre quelque chose quant à la pratique de la parole et à notre propre vécu ?
Voilà l'enjeu, pleinement réussi, de "Ca serait un samedi soir au commencement de juin" extrait du texte "Le schizo et les langues" de Louis Wolfson dont Sylvie Reteuna prépare une adaptation théâtrale pour la rentrée et qui, dès lors, est attendue avec impatience.
Sa mise en scène est "invisible" et dans le rôle de ce prisonnier, presque raisonnable et déterminé, de sa folie, Michel Jurowicz est bouleversant et stupéfiant.
Bouleversant par son incarnation et son immersion dans l'univers d'un psychotique, univers qui fascine par son étrangeté et déroute par sa proximité avec des états ponctuels de dissociation de soi que chacun peut connaître.
Stupéfiant par son approche de la souffrance de ces voyageurs immobiles qui, de Artaud à Beckett, en passant, entre autres, par Roussel, Brisset et, d'une certaine manière, Wolson, tracent des territoires de résistance.
