Monologue de Samuel Beckett, mise en scène d'Alain Paris avec Alexandre Fabre (Compagnie La Belle Idée)
Beckett nous parle des premiers émois amoureux dans ce qui fut l’un de ses premiers textes écrits en français. Il y raconte la mort de son père, le départ de la maison familiale, la rencontre avec Lulu sur un banc public.
La relation à l’autre, l’attachement, les raisons du désir se téléscopent à l’intérieur de la tête et des paroles de cet auteur singulier. L’homme complexe enchevêtré dans des pensées qu’il ne peut réfréner, dévoile ses maux, ses troubles physiques, ses questions décalées, ses obsessions.
Alexandre Fabre est seul sous le projecteur, sa présence est intense : sous un simple halo de lumière dont il sort à la fin du spectacle presque surpris et embarrassé, plein de son personnage, il nous fait découvrir un homme drôle et tourmenté qui trouve dans le bavardage un point d’ancrage à la vie.
La mise en scène totalement dépouillée laisse la part large aux mots, à la richesse du langage de Beckett niché dans la banalité des propos du quotidien sous les dehors d’un humour décalé.
C’est l’artiste, le dramaturge qui perce derrière les propos : l’écrivain tourmenté derrière le jeune homme déconcertant.
Un beau spectacle crée au Centre Culturel Irlandais dans le cadre du centième anniversaire de la naissance de Samuel Bekett 2006-2007.
