Pièce de Giorgio Strehler, mise en scène de Giorgio Ferrara avec Jean-Claude Penchenat, Karim Abdelaziz, Emeline Bayart, Sarah Bensoussan, Marilù Bisciglia, Daniel Carraz, Judith Margolin, Didier Carreau, Thomas Germaine, Alexis Perret, Geneviève Rey, Antoine Suarez-Pazos et Michel Toty.

Acteur, metteur en scène, cinéaste, Giorgio Ferrara est aussi le directeur de l'Institut culturel italien de Paris qui organise en 2007 les commémorations en France du tricentenaire de la naissance de Goldoni et du 60ème anniversaire du Picco Teatro de Milan fondé par Giorgio Strehler qui fit redécouvrir l'oeuvre de Goldoni.

La boucle est bouclée et il n'en fallait pas davantage pour qu'il sorte des cartons le dernier projet de Strehler qui consistait en une adaptation pour le théâtre des mémoires de Goldoni, pensée initialement en termes scénaristiques pour l’image.

Ainsi qu'il est rappelé en avant propos du spectacle, Giorgio Strehler considérait que cettre adaptation n'était "ni une biographie, ni un essai critique, ni une comédie, mais un tout cela en même temps" ainsi qu'il est rappelé en avant propos du lever de rideau. D'où la difficulté de l'exercice dont il détenait sans doute seul la solution.

Giorgio propose un spectacle polissé, classieux, joliment interprété, qui prend la forme d'un récit illustré de brèves saynètes sans grande consistance. Les comédiens virevoltent sur scène dans un ballet incessant de changement de décor pendant que Jean-Claude Penchenat est cantonné au rôle monotone du récitant qui semble bien étranger à "l'aventurier honorable".

Voilà toutefois un spectacle qui pourra concourir pour le Molière du créateur de costumes, ou du Décorateur/Scénographe car la production n’a pas lésiné en faisant appel à des créateurs de renommée internationale, le couturier Maurizio Galante et le scénographe Gianni Quaranta.

Costumes somptueux dans une tonalité unique et lumineuse, sur laquelle tranche la sobre redingote noire du personnage principal, toiles peintes élégantes et raffinées, mobilier sur mesure pour des scènes de quelques minutes, tout concourt à réaliser le souhait de Giorgio Ferrara qui aime dit-il le théâtral.