Tout le monde connaît Joseph Ferdinand Cheval, modeste facteur drômois, qui, butant sur une pierre durant une de ses tournées, la fameuse "pierre d’achoppement" qu'il interprétat comme un signe divin à ériger un temple de la nature.
Il mit 33 annnées à édifier, avec des moyens rudimentaires, dont une brouette glorifiée dans une niche ad hoc, ce Palais idéal situé dans le jardin d'une maison de Hauterives.
Classée aux monuments historiques comme représentatif de l'art naïf, cette construction illuminée et vertigineuse, basée sur un syncrétisme paien, se voulait à la fois un hommage à l’architecture primitive, une ode au travail et à la ténacité de son auteur et un défi à l’écoulement du temps et à la mort.
Elle a traversé le temps en suscitant toujours un vif intérêt. Il était donc bien logique que le Musée de la Poste lui consacre une exposition.
Compte tenu de l'intransportabilité de l'oeuvre, "Avec le facteur Cheval" présente outre une superbe maquette de l'édifice au 1/10è, réalisée par Alain Puperron, qui acceuille le visteur, tout un ensemble de documents relatifs à son édification ainsi qu'un important thésaurus photographique.


Par ailleurs, cette exposition s'avère davantage qu'une exposition stricto sensu sur l'oeuvre du fameux facteur puisque, sous l'impulsion de sa commissaire Josette Rasle, elle regroupe un certain nombre d'oeuvres, tant picturales, sculpturales que musicales, apparentées, influencées ou crées en hommage au facteur Cheval.
Ainsi sont évoquées des constructions hors du commun, considérée comme extravagantes, comme la cité "Las Poyas" de Sir Edward James ou l'archi-sculpture "L'hélice terrestre" de Jacques Warminski.
Sont également présentées des oeuvres de Niki de Saint Phalle et Jean Tinguely, qui sont à l'honneur au Grand Palais avec l'exposition sur "Le nouveau Réalisme".


L'exposition permet aussi de découvrir des artistes aux oeuvres spectaculaires comme par exemple Paul Amar, le fondu de coquillages peints avec son "Roi imaginaire", Marie-Rose Lortet et ses maisons arachnéennes faites de fil de coton solidifié au sucre et à résine ou les créations poétiques du plasticien Richard Fauguet.


Enfin, de nombreux artistes ont rendu hommage au facteur Cheval comme le visuel de l'affiche créé par Bernard Rancillac

et Gabriela Morawetz avec ses peintures lumineuses faites de jets d'encre sur voile dont une est intitulée "Le facteur céleste".
A noter que le jazzman français Edouard Bineau a conçu un hommage musical au facteur cheval avec l’album L’obsessioniste qui e st proposé en écoute dans le parcours de l'exposition.
