Comédie dramatique de Copi, mise en scène de Joakim Latzko, avec Anne Douénat, Geoffroy Rondeau, Alexandre Markoff, Joakim Latszko, Tito Diez, Geoffrey Veraghaenne, Marguerite Karcz et Hélène Lausecker.

Sous notre regard, Copi est un auteur extravagant, baroque et décapant pratiquant un humour désespérément noir.

C'est que Copi, argentin de naissance qui a vécu en Uruguay, puis en France, n'en finit pas de parler de son pays et de ses racines et, comme il le disait lui-même, son imagination navigue toujours dans les ondes du Rio de la Plata.

Avec la tragi-comédie "La pyramide"; il use de métaphores à peine voilées pour célébrer la trinité argentine : la famille, avec la figure de la mère-génétrice, l'indienne, Dieu avec le jésuite pragmatique et opportuniste (les prêtres que Copi comparait à "des mouches, aussi bien posés sur les uniformes des militaires que sur le caca des torturés politiques, courtisans riches et pauvres pour gonfler les caisses de leurs innombrables affaires") et la mort avec le rat, bien évidemment espagnol, de la race des conquistadors.

Mais sous l'épure et la fantaisie débridée, l'écriture de Copi n'est jamais simple ou simpliste et il appartient à chacun d'apprécier la richesse de sa thématique, dont la marginalité, la transgression, l'indifférenciation sexuelle, le heurt des civilisations et des coutumes, l'icônification de la famille, la névrose familiale, l'egostime forcené, dans la mise en scène hyper réaliste de Joakim Latzko.

Ce spectacle, presque dadaiste, est sans doute encore un peu "vert" mais on comprend pourquoi la toute nouvelle salle de la Manufacture des Abbesses a craqué pour la troupe sympathique de la "Compagnie 27, décervelage" et le trio prometteur (Anne Douénat, Geoffroy Rondeau et Alexandre Markoff).