La Maison Européenne de la Photographie présente, du 14 mars au 3 juin 2007, "Digital Diaries" les travaux récents de Catherine Ikam, artiste plasticienne, et Louis Fléri, photographe, qui collaborent depuis plusieurs années à la création d'environnements et des personnages virtuels interactifs.
L'exposition propose quelques portraits fixes de personnages virtuels, un dispositif de projection aléatoire d'images-souvenirs dans un espace virtuel tridimensionnel, qui donne son nom à l'exposition, dans lequel le visiteur peut "entrer" et plusieurs installations, la plupart interactives, particulièrement pertubantes, voire inquiétantes, dans la mesure où elles humanisent le numérique et numérisent le vivant.
Travaillant sur le concept de l’identité à l’ère électronique et les thèmes de l’identité et de l’apparence, ils troublent la perception ordinaire que l'individu a de lui-même.
Dans "Les Fragments d’un archétype", décliné à la manière de "L’homme de Vitruve" de Léonard de Vinci, le corps conserve son image globale alors que chacune de ses parties, présentée en séquences discontinues par leur image, est animée d’un mouvement autonome.
Avec "Identité III", le visiteur, filmé sous des angles différents, peut se confronter en direct son image éclatée sur 9 moniteurs.
Plus déstabilisant encore, ces démiruges du virtuel créent des androïdes virtuels et manipulent les frontières du vivant et de l'artificel.
Ainsi, la vidéo "Deep kiss" qui montre deux êtres échangeant un baiser.
Le plus étrange et dérangeant est sans doute "Elle". Visage projeté sur un mur qui flotte, calme et muet, dans l’éternité et la solitude du néant virtuel. Jusqu’à l’entrée d’un visiteur qui va le stabiliser et l'animer en une tentative toujours éphémère et vaine d'impossible communication.
