Si l’on avait accueilli le premier album de The Music avec enthousiasme, autant dire que l’entrée en matière de Wolf & Cub doit être dithyrambique.
Car le trio australien propose, sans révolutionner le genre, un premier album avec éperons et bottes de cow-boy inclus dans le packaging.
Sorte de mélange hybride entre Led Zeppelin, pour la science du riff boogie/hard période Physical Graffiti, et de rock contemporain, pour la production surboostée sur les parties de batteries et de basse mixées bien en avant, Wolf & Cub est peut-être la première tentation de blues électronique. De blues aventureux enregistré sur Protools.
Si l’âme se perd un peu en chemin, dans les circuits du processeur, et que les thèmes s’avèrent un brin répétitifs, l’ensemble de l’album doit se déguster comme un défouloir, fort et bruyant, masturbation sonore de premier plan qui voit les autraliens tenter l’instrumental rageur ("Rozalia" bizarre) dans la pure veine QOSTA, avec ses travellings sur les déserts et le sable qui se coince dans la veste en cuir qui suinte.
Vessels, au bout du compte ne véhicule aucun message. Sorte de groupe de bar à comptoir où la bière coulerait à flot sur le corps dénudé de quelques victimes en attente. Etonnamment, "Kingdom" et quelques autres titres sonnent brit’ pop, production léchée et jeu de batterie 90’ (entendre par là abus de caisse claire en 4/4), le jeu de Wolf & Cub résidant dans l’installation d’un motif sonore répété ensuite à l’infini, sans variation ni mouvement, si ce n’est celui du rite vaudou. On a déjà connu pire.
Il manque hélas un peu de diversité, et un vrai single, pour faire de ce premier album une réussite complète, qui aurait sans nul doute permis aux Australiens de dépasser The Music, à qui le groupe fait immédiatement penser. Sortir un album en 2007, où l’art de savoir choisir son producteur……
