Il convient tout d'abord de remercier le Café de la Danse pour avoir su accompagner ce viaduc du 1er mai d'une programmation de haute volée pour cette sixième édition du festival "Les femmes s'en mêlent" , estampillée 'scène musicale féminine indépendante'. Après une soirée ouvertement orientée rock'n roll (Volt, Cobra Killer et Queen Adreena) pour la fête du travail, le vendredi 2 mai n'était pas en reste en accueillant la plus belle affiche de la semaine, sur le papier.

La soirée débute pourtant difficilement avec Suburbia, jeune française fraîchement apparue sur la scène electro-pop-dance qui délivrera un set franchement moyen durant une trop longue demi-heure. En fait, ce ne sont pas les musiciens (à peu près bons), ni les titres joués (pas trop mauvais) qui rendront ce moment guère inoubliable mais la principale intéressée avec son pathétique jeu de scène, son attitude bobo prétentieuse, sa voix agaçante et ses ridicules déclarations d'entre morceaux. Il ne fallait rien de moins que Françoise Hardy suivie de Marie Laforêt (avec une reprise en français de "Paint It Black" , "Marie Douceur - Marie Colère" ) dans la sono pour se remettre d'un tel outrage au bon goût et à la géométrie.

Fort heureusement, la prestation du groupe suivant, Holden, se charge de remettre le niveau à la hauteur des espérances du public. Ambiance très pop à mi-chemin entre des titres sous fortes influences Françoise Hardy (décidément, l'égérie des sixties est partout ce soir), et d'autres dans un style proche d'Autour De Lucie, voire parfois de Cornu, le groupe fait mouche surtout grâce à la diabolique efficacité de sa chanteuse : le répertoire joué se répartissant entre les deux albums studios du groupe (excellent "La Machine" pour finir)

Ce fut ensuite au tour des roadies de Tricatel (en réalité les musiciens eux-mêmes habillés en costume de pompiers multicolores, remember Pete T.) d'installer le matériel avant que la divine April March vienne conclure de la plus belle manière qui soit cette soirée. Appuyée par un groupe béton, la protégée de Bertrand Burgalat a balayé, pendant une cinquantaine de minutes, majoritairement ses deux derniers albums avec dans le plus grand désordre : "Chrominance Decoder", "Garçon Glaçon", "There Is Always Madness", "Sugar" ainsi qu'une reprise assez réussie de "Que Je T'Aime". Les nappes de synthés (qui rappellent plus que fortement les ambiances de Bertrand Burgalat), associées à un colossal jeu de basse forment un tapis sonore du plus bel effet sur lequel la belle américaine n'a plus qu'à déposer sa voix (avec quelques difficultés cependant en début de set). Absolument charmant!

Une soirée donc en forme de franche réussite autant pour les prestations des musiciens en tant que telles qu'à la grande qualité du DJ set (honneurs aux femmes évidemment avec Nico, Nancy Sinatra, Ginger Ale, Grace Slick ... et les Doves : c'est là qu'on rigole...).