Godamn ! Alex Gopher, membre d’une espèce en voie de disparition, refait surface après la chute de la french touch pour cause de revival rock sur fond de mode H&M à jean baggy et ceintures cloutées à 14€90.
Comme tous les djs et musiciens de la french touch, puisqu’il faut bien les résumer en quelques termes génériques, Alex Gopher revient au premier plan avec un album organique à dominante rock. Puisqu’il faut bien suivre le cycle et abandonner Cubase pour revenir aux instrumentations. Un moindre mal.
Et donc Alex Gopher semble s’être mis à la sauce Phoenix à tous les plats. Pas rock, pas électro, pas français, pas inter’, juste un mélange dans le grand bol des mélodies qui passe vite. Mais bien et agréablement. Car Alex Gopher, album éponyme, passe parfaitement, là maintenant, en janvier 2007, sur la platine.
Son et production moderne, louchant vers le meilleur d’entre nous (Sébastien Tellier) sur "Isn’t it nice" et sa basse lancinante et sexuelle. Comme ses compères, compagnons d’une époque éphémère (Etienne de Crécy, Rob, Benjamin Diamond), Alex Gopher a grandi et semble maintenant privilégier l’instrumental acoustique dépouillée ("Boulder Colorado") aux beats up-tempos à violons sucrés.
L’ensemble tient étonnamment la route. Et sans refléter son époque comme voila 6/7 ans, Gopher crée un album hybride, entre Zero 7 et Oasis sur le bluffant "Boulder Colorado". On imagine la pléthore de musiciens additionnels et collaborations pour en arriver à ce résultat, puis on se prend une claque sonore sur les synthés maquillés de "Carmilla, année 2000", digne du meilleur de Stardust, sans montrer ses rides trop marquées.
L’Alex Gopher 2007, en un sens, ressemble à la midinette à jupe courte, trentaine bien enclenchée, ayant vu et relu ses classiques pour entamer sa trentaine avec la sérénité intellectuelle des gens qui se foutent du temps qui passe. Quitte à bassiner leur entourage en disant que finalement oui, "la french touch c’était mieux que le rock Oui FM qu’on distille à la radio comme un vin éventé".
Et Gopher de revenir à ses racines sur "The Game", violente et downstream courbé sous la voûte des succès indés. Une réussite. Gageons que cet album séduira plus les masses que Wuz, son dernier projet solo sorti dans l’anonymat en 2002...
Et même si l’ensemble s’avère un brin disparate, un brin bordélique à faire l’aller retour entre acoustique et électro, il faut avouer que des singles comme "Go !" ont bonne allure. Ah oui, on allait oublier le parfaitement dansant "Brain Leech", parfait pour les dancefloor à bobos parisiens trentenaires soucieux de se réveiller dans un monde parallèle, dans l’imagerie opiacée des clubs où le champagne coule à flot.
Une réussite oui, ce nouvel album.
