Textes tirés de "Bestiaire", ouvrage collectif du Centre d’Aide par le Travail de Verdelais en Gironde, sous la direction de Thierry Lahontâa, mise en scène de Renaud Cojo, avec Patrick Robine et Renaud Cojo.
Pendant que le public s’installe dans la salle dans laquelle se déversent les chansons des seventies parmi lesquelles on reconnaîtra les bien nommées "Cœur de loup" de Philippe Lafontaine, "Biche, oh ma biche de Frank Alamo et "Le gentil dauphin" de Gérard Lenorman, un drôle de petit bonhomme s’affaire en faisant un potin pas possible à côté et derrière un grand rideau à franges annonçant : "Le zootropiste : Il sait tout et le fait savoir."
C’est Renaud Cojo, assistant laborieux du Maître, "Le zootropiste", qui fait une entrée impériale : Patrick Robine, tout auréolé de cheveux blancs ébouriffés, "le naturaliste" en personne. Qui mieux que ce dernier, grand interprète animalier, botaniste et forestier à l’œil de velours et à la voix de stentor pouvait incarner cet encyclopédiste d’un bestiaire imaginaire et mimer la danse de la méduse ?
Tous deux nous entraînent dans un cirque imaginaire, peuplé d'animaux devenus extraordinaires par la poésie des mots et le regard de ceux qui sont différents.
Un groupe de déficients mentaux a travaillé pendant une année, sous la direction de l’artiste plasticien Thierry Lahontâa, à la rédaction d’un bestiaire singulier qui a inspiré Renaud Cojo, comédien et metteur en scène, pour qui "Le théâtre doit être sauvage, aigu, impératif". Il a concoté avec "Le zootropiste" un spectacle loufoque, ludique et roboratif en créant une science nouvelle, la zootropie, qu'il définit comme "l’observation ultra réaliste de la faune et dénuée de tout obscurantisme latent, raisonnée dans le cadre lyricocirconstancield’une intelligence pure tendant vers la lucidité originelle des premiers entrants à la terre".
Ce cabinet des curiosités est un régal à ne rater sous aucun prétexte.
