Comment allez-vous?
Styrofoam (Herne) : Nous revenons du Pop Corn à Cologne (Allemagne), et nous n’avons dormi que 2 heures. Certains disent qu’un manque chronique de sommeil peut provoquer des hallucinations. C’est un peu la situation dans laquelle je me trouve actuellement.
Thomas, que faisais-tu avant de commencer Morr Music ?
J’ai commencé à travailler dans des magasins de disque, des promotions de concerts, pour le distributeur EFA, ce qui m’a ennuyé car c’était une trop grosse organisation. J’ai ensuite définitivement décidé d’abandonner mes études quand j’ai vu qu’elles ne me mèneraient à rien. Et dès ce moment j’ai pensé à fonder mon propre label.
Comment fonctionnes-tu pour sélectionner les artistes que tu signes ?
Il n’y a pas de contrat avec les artistes, comme a dû vous
le dire Stephany (ndr : Ms. John Soda, qui donnait une conférence de
presse juste avant). Et puis quand on commence un label, on reçoit des
démos de toutes parts, et puis on sélectionne le bon du mauvais.
En ce qui concerne Herne (Styrofoam), qui vient de Belgique, je le connaissais
depuis plusieurs années.
Morr music ne se concentre pas seulement autour de ma personne, je demande toujours
à mes amis comme Herne, Mischa Hascher quand je veux signer un nouvel
artiste.
Comment et où se déroulent les enregistrements ? Existe-t-il un studio du label Morr ?
Je ne possède pas de studio mais on est très connecté au studio u-phone, c’est là où enregistrent The Notwist.
Tu as déclaré que tu aimais les groupes comme Prefuse 73. As-tu des projets avec des groupes de hip-hop expérimentaux ?
J’aime beaucoup la confusion des genres qui existe dans le hip-hop actuel, celui de Prefuse 73 ou du label Anticon, et je pense qu’il y aura des collaborations entre les artistes de Morr et ces artistes.
Sur ton dernier album, tu te rapproches plus de la musique expérimentale, de groupes comme Sybarite. Quelle en est la raison ?
On évolue tous dans un sens au fil des ans. Il y a quinze ans je jouais dans un groupe de hardcore, et j’avais fait la première partie de The Notwist. Et quand je les ai retrouvés il y a peu, j’avais complètement oublié ce passage de ma vie. Quand on s’en est souvenu, on a pu remarquer que nous avions chacun de notre coté évolué dans la même voie. Je pense que c’est ainsi, les gens évoluent.
Tu as sorti une compilation "Puting the Morr back to Morrisey", et puis une autre dédiée à Slow Dive. Et pourquoi ne l’as-tu pas dédié à My Bloody Valentine ?
La compilation sur Morrissey était juste un jeu de mot à
la base. Cependant j’ai été fortement influencé par
les Smiths et Morrisey, donc ça tombait bien !
L’autre compilation devait en effet être un tribute to My Bloody
Valentine, Codeine et Slow Dive mais tous les artistes électroniques
font un tribute to My Bloody Valentine. C’est un peu trop classique, évident.
Alors nous avons choisi Slow Dive, qui d’ailleurs sont un peu des outsiders,
c’est encore mieux.
Herne, les titres de tes albums sont comme de petites phrases, ils sont très développés. C’est important pour toi ?
Je pense que c’est important pour un titre, sans être trop
littéraire, de faire réfléchir les gens, de créer
un univers et de laisser ensuite les gens imaginer ce qu’il signifie ou
en quoi ils ont un rapport à la chanson. Mais il n’y a pas vraiment
d’histoire vraie autour, de réalité. Il s’agit juste
d’ouvrir une porte d’interprétation, sans pour autant en
dire trop. Et je ne veux surtout pas être pathétique du genre :
"c’est une chanson sur ma mère qui est morte d’un cancer
l’an dernier…". C’est un peu l’inverse du courrant
actuel dans la pop mainstream, qui est un peu trop pleurnicharde à mon
goût.
En Belgique, on me demandait toujours dans les interviews : "de quoi parle
telle chanson" et moi je répondais : "il s’agit plutôt
de savoir à quoi cette chanson vous fait penser, vous auditeurs".
Moi, je ne fais qu’ouvrir les portes. Maintenant, si telle chanson vous
fait penser à votre rupture avec votre copine, c’est votre interprétation,
mais ce n’est pas ma volonté.