Praxis est le 23ème vrai ("vrai" excluant les albums remixes) album des jumeaux de In The Nursery qui, en cette occasion, font une courte tournée en Europe et ont donné un concert à la Loco le 20 mai 2003.
Après Cause & Effects, disque (très) réussi de remixes de quelques uns des meilleurs titres de ITN sorti en 2002, les frères Humberstone reviennent avec un nouvel album (Groundloop datait de 2000 ), ni un live, ni une compilation, ni une bande son pour film muet.
Praxis, dans la lignée de Deco ou L'esprit, est, comme ils le définissent eux-mêmes, un album sur la recherche d'une identité créative qui comprend 10 morceaux fruits de l'exploration, de l'expérimentation et de la réflexion. Considérant la musique comme leur élément vital, ils en ont une conception quasi mystique dont ils veulent faire l'instrument de leur âme. Et c'est ainsi qu'il faut aborder l'écoute de leur nouvel album, dont les titres sont sans ambiguité, qui s'avère envoûtant aussi bien dans les morceaux puissants que dans les titres calmes et paisibles.
Les percussions orchestrales sont toujours aussi incisives, les claviers savent rester discrets et efficaces, pas de tape à l'œil (à l'oreille devrais je dire) techno, une flûte ou un piano se glissant entre les rythmes du tambour militaire mené de mains de maître par David Elektrik, digne héritier de Q.
L'ouverture est majestueuse avec "Praxis", morceau instrumental tout en puissance, dont le son d'outre tombe des tambours saisit les entrailles avant que les synthé nous entraînent dans une course échevelée au rythme du galop des chevaux à travers les vallées nocturnes.
Sur fond de tambours et piano, "Vocopolis" introduit la voix de Dolores Margaret C, qui collabore avec eux depuis plus de dix ans, sur un morceau digne de "Sense", malgré une présence très prégnante de la boucle de synthétiseur que l'on retrouve sur "Memento", "Amer" et"Argent"
Sur "Concept" et " Ethic of belief", la voix de Klive, fait rare depuis leurs premiers disques sur lesquels figuraient des morceaux plus sombres et gothiques, comme "Mystery" ou "Workcorps", dans la lignée de Death in June.
Une onde choc et de surprise avec les deux morceaux suivants : la première lame coupe le souffle et la deuxième frappe au cœur avant que le souffle ne se reprenne. "Error theory", morceau instrumental ambiant, qui ne démarre vraiment jamais, plane entre des nappes synthétiques dignes des Jumeaux, réminiscences de la musique des fonds abyssaux qui aurait illustré un reportage de la Calypso du commandant au bonnet rouge.
Le second "Outburn" se singularise tant par l'aspect vocal que musical : .une voix nouvelle, celle de Katz Kiely, sur une sorte de downtempo soul joué au piano que l'on jurerait sorti du dernier album de Alpha.
Comme souvent chez ITN, Praxis se termine par une variante de son titre d'ouverture,
"Praxis (reflection)" pour fermer la parenthèse en
douceur et assurer la transition avec le silence qui s'impose, le temps de redescendre
sur terre et de presser la touche PLAY.
