Après le tube planétaire de 1997 "Sink to the Bottom" sur leur premier album, les Fountains of Wayne avaient placé la barre très haut. Et c'est sans effort qu’ils sont passés... dessous avec Utopia Parkway (un titre d'album bluresque non ?).
Ce deuxième album contenait pourtant quelques bonnes chansons mais aucun tube assez puissant pour faire ressurgir les FOW de la masse de tous les groupes américains qui ne prétendent (même) pas refaire le rock.
Les Fountains of Wayne font donc un rock joyeux et jouissif, sans doute que s’ils avaient vécus du côté de Londres ils seraient devenus un groupe de power pop comme on dit, façon Turin brakes ou My vitriols. Mais ils sont américains et leur rock flirte avec celui des Lemonheads ou de Weezer mâtiné country-folk ("Hung up on you" par exemple). Mais sans doute que chaque morceaux vous fera penser à un groupe et à un style différent. Les FOW font la musique qu'ils aiment avant tout.
Ainsi "Valley Winter Song" qui est une mini ballade country fort agréable côtoie le très rock "Bright Future in sales" pendant que "Mexican wine" tente en vain de nous refaire le coup du "Sink to the Botttom" mais l'intro trop longue et le morceau trop court n'arrivent pas tout à fait à réussir cet exploit.
Le point fort des FOW réside dans les morceaux les plus rocks comme "Stacy's mom" ou "Little red light" sur lequel ils se rapprochent beaucoup de la pop anglaise et dont le refrain est comme un clin d'œil (subliminal ?) à "Heroin" du Velvet. Les morceaux plus calmes sentent un peu la guimauve réchauffée comme "Fire Island" ou le mieux réussi "Hackensack".
Le petit, court et entêtant "Hey Julie" sort quand même du lot et pourrait bien s'attarder un peu dans nos oreilles. Avec son air entraînant il prouve qu'il n'est nul besoin de déployer des montagnes de décibels pour taper dans le mille. Peut être leur "Hey Jude" à eux ?
"Halley's Waitress" est le contrepied au rock américain et nous offre un morceau que ne renierait certainement pas Paddy McAloon et son Prefab Sprout. Un morceau de pop ciselée et tiréé à 4 épingles. Impeccable dans son genre.
Une évidence : ce n'est pas avec un seul tube et 3 albums fort respectables que FOW révolutionneront quoi que ce soit, ni ne deviendront des stars mais bien que dispensable, on fera volontiers une place aux côtés de ses 2 grands frères à leur nouvel album, Welcome Interstate Managers.
