Comédie dramatique de Claire Béchet, mise en scène de Nabil El Azan avec Anny Romand.

Une femme, une comédienne, raconte un épisode de sa vie hors scène. Comment, à la sortie d’une représentation, celle de la générale, alors qu’elle regagne à pieds son domicile tout proche, elle a été suivie par un homme. Un homme qui entre dans sa vie, qu’elle laisse entrer dans sa vie. Mais dans quelle vie ?

Tout dans ce spectacle relève de l’épure totale, en une symbiose idéale. Le texte de Claire Bechet d’abord, limpide et profond, calme et angoissant, un verbe simple à la musicalité malherienne. Texte que la mise en scène de Nabil El Azan n’a pas dénaturé mais travaillé.

Et puis Anny Romand. Magnifique, belle, émouvante, elle dit sans gestes inutiles, sans démonstration pléonastique alors qu’en fond de scène sont projetées des images, les images mentales qui accompagnent son propos, ses images mentales qui la font devenir spectatrice d’elle-même.

Elle dit et vit simultanément une étrange histoire, une rencontre improbable qui change sa vie. Le spectateur est happé tant par le sens que par ces images très lentes, presque oniriques qui non pas illustrent le propos mais l’éclairent et par cette femme sensuelle, trouble, égarée et cependant vénéneuse.

Un moment de grâce.