Dans le cadre de la thématique "Un bel été italien", la Maison Européenne de la Photographie propose un beau tour d'horizon de la photographie italienne à travers une sélection d'oeuvres de la Collection d'Anna Rosa et Giovanni Cotroneo, collectionneurs et mécènes, présentées pour la première fois en France.

L'exposition se déroule en deux étapes chronologiques, les classiques et la jeune création qui permet de voir l'évolution de la photographie au fil des années et ses liens étroits avec l'histoire de l'art qui tend à l'ériger en discipline artistique.

Parmi les classiques, le noir et blanc est de rigueur et on trouve une série de Mario Giacomelli sur le thème de la ronde, cher à Matisse, où les danseurs sont des "petits curés", du linge qui sèche ou des enfants qui font de l'escalade.

Affectionnant l'architecture baroque et néo-classique, Mimmo Jodice photographie les visages de pierre, de bronze ou de mosaïque mais se laisse aussi tenter par la photo réaliste avec des natures mortes d'étals de marché (pattes de poulet, têes de poissons, hachoir à viande).

Dans la veine néo-réaliste des années 60, Ferdinando Scianna raconte la vie quotidienne en Sicile.

Photo réaliste aussi avec Antonio Biasucci fasciné par les mains qui travaillent la pâte à pain ce qui donne des photos qui ressemblent à des toiles.

En revanche un de leurs contemporains, Franco Fontana est manifestement influencé par le futurisme. Pour preuve ces photos des toits de Prague ou la petite voiture rouge.

 

 

 

 


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Ainsi il opte pour la couleur, l'abstraction et son approche formelle du paysage réduit à des aplats de couleur en font un photographe plasticien au sens où ses photos s'apparentent à des peintures abstraites.

Et brusquement la photographie cesse d'être la simple représentation du réel.

 

Ainsi Claudio Abate expérimente la lumière, la saturation des couleurs et la scénographie.

La frontière entre la photographie et la peinture tend à se réduire et la photographie devient un medium pour la réalisation d’oeuvres plastiques.

 

Silvio Wolf crée des Icones de lumière qui là encore ne sont pas sans rappeler les noirs carbonisés du peintre Alberto Burri.

Michelangelo Pistoletto quant à lui passe de la peinture à la photographie et immortalise la famille Cotroneo collée sur un miroir.

L'exposition s'achève sur une installation inédite d'Alfredo Pirri, "Mots", commanidtée par les Cotroneo, sculpture colorée et lumineuse dont les variations sont déterminées par une combinaison aléatoire d'associations de mots et d'intensités lumineuses pilotées par ordinateur.