Comédie de Jacques de Decker, mise en scène par Alain Cerrer avec Ingrid Marevski, Elvire Mellière, Alain Pochet et Alain Cerrer.
Le magnolia est un arbre de la famille des magnoliacées, considéré comme l’un des plus beaux arbres du monde avec son odeur exquise et ses grosses fleurs roses et blanches en forme d’étoile dont la signification dans le langage des fleurs signifient "Amour de la nature et force".
Et un petit magnolia en pot constitue le trait d’union entre Adrien, l’architecte de jardin qui vit dans une fermette et l’urbain Julien intellectuel chercheur qui rêve d’une terrasse arborée, les deux hommes entre lesquels Marie-Antoinette, au double prénom pragmatique, partage sa vie. Ou plutôt ses amours.
Parce qu’elle aime une chose et son contraire et faute de pouvoir, ou de vouloir, choisir, elle papillonne en espérant le prince charmant, ce qui fait tout son charme. Mais le hasard, ou le destin, n’aime pas qu’on brouille les pistes. Et, comme le monde est si petit, on se doute bien de ce qui va arriver.
Jacques de Decker, auteur sensible au tragi-comique du quotidien, a centré cette petite comédie de mœurs, bucolique et pétrie de bons sentiments, sur les affres de la génération des trentenaires face aux engagements affectifs.
En fait, c’est un conte de fées moderne puisque tout est bien qui finit bien dans le meilleur des mondes, celui où tout le monde est beau et gentil. Et à y réfléchir à deux fois, cela n’est pas péjoratif car là où sans doute Jacques de Decker a su saisir l’humeur du temps réside bien dans une relative atonie. Point de passion donc point de jalousie. Point de pression sociale donc point de drame on se quitte comme on se rencontre
De l’amour oui sans doute mais de l’amour raisonnable et gentillet entre de jeunes adultes qui finalement ont complètement intégrés des valeurs qui, dans le sociétés contemporaine modernes, ont souvent été décriées comme ringardes (le mariage, le couple, les enfants, le pavillon de banlieue avec jardin).
Les comédiens sont au diapason de l’écriture : Ingrid Marevski et Elvire Mellière sont pétillantes et Alain Cerrer, qui a assuré une mise en scène cinétique, et Alain Pochet craquants. C’est léger, tendre et drôle, parfois un peu réducteur, mais il ne s'agit pas de chercher une étude sociologique dans cet aimable divertissement, sous-titré par l'auteur lui-même "le veau-des villes et le veau-des-champs".
