Les congés estivaux semblent déjà loin et les RTT s’économisent pour des jours meilleurs. Alors, envie de sable fin et de couchers de soleil sur la mer, bref, de prolonger encore un peu l’été ?
Quand la grisaille pointe le bout de son nuage, et que les premiers maux de gorges arrivent, un petit peu d’optimisme béat ne peut pas faire de mal.
Les jours raccourcissent, les gens tirent la tronche dans le métro, alors un petit rayon de soleil, une petite mélodie à siffloter, un petit sourire gratuit ... pourquoi pas ?
Nouvelle révélation d’outre-Manche, Corinne Rae Bailey réalise un premier album éponyme. Fille de Leeds, cette jolie métisse fruit d’un père indien et d’une mère anglaise, est rapidement devenue la coqueluche de nos chers voisins. Mais évidemment, on sait combien cela peut être parfois éphémère ...
Mélange de soul, jazz, avec une touche de trip-hop (english oblige) le tout mélangé dans une tambouille pop, voilà en tout cas les ingrédients pour coller aux premières places du billboard anglais. Des mélodies enjouées et lumineuses, un peu de nostalgie, des problèmes de cœur ... Prenez messieurs-dames, tout le monde y trouvera son compte.
Avec le premier morceau "Like a star", le ton est donné. Avec sa soul langoureuse, Corinne Rae bailey y expose d’indéniables qualités mélodiques et sa voix doucement éraillée n’est pas sans nous rappeler, une autre "révélation" anglaise, Macy Gray, qui aurait ingurgité du sirop pour la toux. Suivent les tubes "Put your records on" au refrain très Spice girls (encore des anglaises, décidément !) ou "Enchantment" à la sauce trip-hop.
Vous voulez de l’authenticité ? Revenons aux fondamentaux avec "Till it happens to you" au tempo lent, chœurs et craquement de vinyle en prime ou "Choux pastry heart". Sur cette dernière, douce ballade acoustique, la jeune femme joue la carte jazz avec quelques fragilités vocales qui font partie de son charme.
Variant les plaisirs elle se montre tout aussi à l’aise dans un registre plus funk comme dans "I’d like to" ou "Call me when you get this", où l’orchestre de cordes nous rappelle les glorieuses heures de Monsieur Barry White.
Phénomène de mode ? Il est vrai que dans un même registre, Norah Jones distille, depuis quelques temps déjà, sa pop jazz avec son piano survolté( !), de même que Katie Melua dans un registre tout aussi pop mais un peu plus bluesy. Certains diront que c’est un peu facile, tendance easy-listening, que c’est l’album d’une saison. Mais après tout soyons épicuriens dans l’âme et laissons toutes ces questions essentielles au placard.
Un petit peu de baume au cœur, ça ne se refuse pas et un été indien réussi nécessite toujours une bande son de circonstance.
Corinne Rae Bailey offre un album estival et frais, estampillé cent pour cent prolongateur de bronzage, de quoi faire durer l’été jusqu’aux premiers froids hivernaux.
