Seul en scène d'après le roman de Baptiste Beaulieu adapté et mis en scène par Léna Bréban avec Régis Vallée.

Jean a 36 ans. Il est médecin de famille dans une petite ville du Sud-ouest. Après des années d'exercice, il s'aperçoit qu'il est soudain frappé par un manque d'empathie pour tous les cas qu'il rencontre. Cela vient du décès d'un enfant qu'il n'a pu empêcher et qui a transformé à jamais sa vision de la profession.

Dans "Où vont les larmes quand elles sèchent", Baptiste Beaulieu dans une écriture à la fois simple et délicate rend compte du quotidien d'un médecin à travers une chronique douce-amère où les rencontres se succèdent avec un sens de l'observation et une douceur bienvenus.

En adaptant le roman, Léna Bréban en fait un spectacle à la fois joyeux et positif qui n'occulte pas le manque de moyens du système de santé aujourd'hui, de l'encombrement des urgences ou du manque de personnel hospitalier.

Dans une mise en scène toute en mouvement et en énergie où pour seuls éléments figurent un meuble, un paravent et quelques accessoires, elle dirige avec finesse Régis Vallée qui se fond avec bonheur et générosité dans le personnage du médecin.

Le comédien, dans un rapport intime avec le public, incarne avec talent et une belle variété de jeu cet homme d'une écoute et d'une bienveillance constantes mais aussi tous les personnages touchants et hauts en couleur qu'il côtoie. Une remarquable performance de comédien.

Le spectacle est fait avec une telle fraîcheur et une telle simplicité qu'on ne peut qu'être conquis et bouleversé par ces chroniques pleines d'humour et de poésie qui posent un regard lucide sur les déserts médicaux et défend la cause des femmes. Incontournable !