Spectacle musical écrit, mis en scène et interprété par Jean Michel Lamazou et Bernard Menu,
Jean-Michel Lamazou et Bernard Menu aiment le jazz. Le premier n'hésite pas à chanter Frank Sinatra. Il a l'étoffe d'un crooner, la voix parfaite pour l'exercice. Le second, multi instrumentiste et compositeur, est un virtuose du clavier et a baigné tout jeune dans l'univers de Gainsbourg-Vannier époque "Melody Nelson".
Il était logique qu'ils décident de rendre hommage au père de "Je t'aime moi non plus" et qu'ils se focalisent sur la période juvénile de Serge Gainsbourg, celle où la pop anglaise n'était pas son influence principale et où il voguait dans un univers proche de Boris Vian et des jazzman genre Barney Willem ou Miles Davis.
Le dispositif est simple : Jean-Michel Lamazou, tout en noir, est au centre de la scène. Sur sa gauche, Bernard Menu est aux claviers. Jean-Michel l'appelle affectueusement Gino. Sur sa droite, un écran vidéo où l'on pourra voir de jolies animations avec récurrent le profil du Gainsbourg années 1950-1960, avec également un joli clip "moderne".
Jean-Michel Lamazou enchaîne les grands titres qui ont fait grimper la cote du chanteur : "Le Poinçonneur des lilas", "L'eau à la bouche", "La Chanson de Prévert". Entre chaque chanson, il raconte comment le jeune Gainsbourg cherchait sa voie (v.o.i.e), plutôt dans la peinture, avant de choisir, voire de se résigner, à trouver sa voix (v.o.i.x) dans ce qu'il a toujours considéré comme un art mineur. Le basculement sera l'eurovision gagnée par France Gall avec sa chanson "Poupée de son".
Ceux qui connaissent tout Gainsbourg n'auront pas de surprise, mais reconnaîtront que Jean-Michel Lamazou le sert efficacement tout comme que les adaptations musicales de son compère Gino-Bernard Menu. Les autres découvriront des petits bijoux gainsbouriens comme "Laetitia", "Black Trombone" ou l'une de ses meilleurs chansons première époque, le très poétique "Les petits riens".
Bref un rappel utile d'un Gainsbourg qui n'avait pas besoin de Gainsbarre pour toucher le public. Un pur chanteur sans esprit de provocation pour une heure en compagnie de deux copains heureux de lui rendre ce bel hommage.
