Rendez-vous incontournable de mes étés depuis 2004, la Route du Rock a été un cru intéressant, et une seconde année d’affilée sans pluie mais avec canicule. Retour (à froid) sur ce week-end d’août.
J’arrive sur le site épuisée, la chaleur n’a pas aidé, mon voisin de train non plus puisque je n’ai pas pu faire ma sieste (c’est ma faute, il avait un chat et j’ai forcément commencé la conversation par là… mais parler politique avec un inconnu, c’était quand même sympa !).
22 ans de Route pour moi et autant de camping. Site identique depuis quelques années déjà, l’habitude de dormir en pente mais plus au calme qu’avant, depuis l’arrivée de l’after et la mort du Macumba. Malgré 3 soirs complets, je note un seul emplacement sanitaires et un camping finalement moins rempli que prévu : on le verra samedi, mais il semble que des fans des Fontaines D.C. se soient rabattus sur le pass 3 jours et ne viendront que samedi, date complète depuis plusieurs mois.
Depuis que le premier concert est sur la "petite" Scène des Remparts, je le rate. Je suis bien là, sur le site et Horsegirl avait l’air très bien, de loin mais cette première heure, c’est surtout pour retrouver les copains.

Mon premier concert cette année, c’est donc Cate Le Bon, qui donne le ton d’une soirée calme, trop pour certains. Je ne suis pas rentrée dedans, j’attends The Divine Comedy qui suit, et que je vois pour la première fois – enfin !

Un set impeccable, un Niel Hannon crooner et sommelier et son public qui chante (j’en fais partie). C’est passé très vite, trop vite.

J’espère que Smerz qui enchaîne sur la scène des remparts va amener un peu d’énergie mais ça reste tres calme. Je n’arrive pas à me concentrer sur la musique, on aurait une pub pour du shampooing. Belles chevelures !

Darkside arrive planant, mais on sent un public frustré, qui trouve cette soirée très molle.

Mais c’etait sans compter mes chouchous Ditz, un second passage tres attendu sur le Fort et que ça a fait du bien ! Ditz c’est punk, noise, foutraque et est emmené par Cal, légende scénique absolue et non binaire. Si vous ne les avez pas encore vus, ils tournent beaucoup en Europe et en France (sauf infortunes liées au Brexit), alors courrez-y. Ditz, ça se vit.

Voici le Fort remonté à block pour la meilleure performance de cette édition et sans doute de ces dernières années avec l’icône Peaches. Arrivée en tenue recouverte de phallus, puis sortant d’un vagin, ou décapitée, accompagnée de ses danseurs, elle a traversé TOUT le public pour se trouver à la régie !
Je rentre au camping après… j’ai séché tous les afters cette année. Non pas parce que l’alcool était interdit sut le site après 23h mais parce que mon corps de 2 fois 20 ans ne suit plus.
Vendredi, non pas à la plage mais à Cancale. Les concerts de l’après-midi sur la Place de Bon Secours, je n’y vais plus depuis longtemps parce qu’il faut soit attendre la navette, soit tenter de se garer à Saint-Malo. Impossible le week-end du 15 août.

Retour au Fort pour Dry Cleaning, seconde apparition au festival, un public cette fois acquis. Je voudrais tellement aimer ce groupe, mais je n’y arrive pas. Il me laisse totalement indifférente depuis le début.

Ce que j’attends surtout ce soir, c’est Mogwai, parce que je ne les ai pas vus depuis très (trop) longtemps et que je veux entendre "Richie Sacramento" live. Certains trouvent Mogwai pas accessible ou mou. Je n’ai jamais compris. C’est terriblement intense, terriblement fort aussi (de bons bouchons, ça aide – je parlerai des miens plus tard) mais Mogwai me donne toujours des papillons ou des frissons… et une envie irrésistible de retourner en Ecosse.

S’en suit le cours de tai-chi de Baxter Dury pour la 178ème participation. J’exagère ? Eh bien c’est le ressenti, j’ai l’impression qu’il revient tous les ans. Alors oui, j’aime toujours l’écouter mais j’aimerais bien voir autre chose, et oui, je m’ennuie un peu.

Heureusement les rageux irlandais de Sprints arrivent sur la Scene des Remparts, je suis ravie de les voir enfin, et qu’ils font du bien ! Bain de foule, engagés, je me dis que la Route du Rock que je préfère se passe sur cette scène-là !
Je ne reste pas pour Marie Davidson, mais j’ai eu de très bons échos !
Dernier jour. Le matin, des fans de Fontaines D.C. font déjà la queue pour être les premiers sur le site. Annonce d’une soirée longue avec files d’attente partout… surtout à l’annonce que seule une petite poignée de photographes auront un accès. Si on ne croyait pas au changement de statut des Irlandais, on est fixés.
Je rate Snuggle parce que j’ai l’impression qu’une migraine arrive (le vin blanc à la guinguette à midi n’était peut-être pas une bonne idée…) et me dirige donc sur le site pour voir Aldous Harding. Mais ce que je vois surtout, ce sont les hordes de fans de Fontaines D.C. avec leurs maillots des Bohemians. Je suis le groupe depuis le début mais c’est l’overdose avant même le concert.

Aldous Harding arrive telle une apparition angélique, tellement radieuse avec son teint porcelaine. Il se dégage une force profonde dans cette apparente fragilité. Elle est tellement habitée, les yeux parfois révulsés, j’en suis hypnotisée. Je ne suis pas la seule : à côté de moi : Tom et Deego de Fontaines D.C. apprécient tout autant. Je ne reste pas car c’est la conférence de presse.

Je rate Ulrika Spacek mais je suis bien là pour Kurt Vile et ses Violators. Toutes guitares dehors et l’envie de partir en road trip. Il m’a toujours fait cet effet-là. Smerz pourrait lui donner des tuyaux capillaires par contre !
Je vais l’avouer, j’avais prévu d’essayer de me placer pour voir Fontaines D.C., mais il était tout simplement impossible de sortir d’un crash photo qu’on nous a escortés backstage. Je finis donc le concert de Kurt Vile de loin et me dirige vers la scène des Remparts avec difficulté pour donner sa chance à Friko.

Ah Friko ! MA découverte de cette année ! Je range mon appareil photo et décide de regarder s’ils sont en concert bientôt et banco ! Je prends mon ticket pour les voir à mon retour à Londres, à Rough Trade. Impulsion justifiée 10 jours plus tard de l’autre côté de la Manche. Ces petits (oui, ils sont jeunes) de Chicago me redonne confiance en l’avenir du rock indé. Ils sont rafraichissants, si doués et emmenés par Bailey à la batterie. Une fille batteuse, j’ai toujours trouvé ça uber cool !
Allez, Fontaines D.C. arrive, je suis loin, très loin. Ils commencent par "Boys in the Better Land" qui arrivait un temps lointain en fin de set. Si on avait encore un doute sur le cap passé, il n’est plus possible. Seulement 2 morceaux de Dogrel sur les 19 sur la setlist, des morceaux plus sombres, peut-être plus matures, Grian prend aussi la guitare mais c’est finalement l’apparition de Kurt Vile sur "Roman Holiday" qui sera, pour moi, le moment du concert, car c’est lui qui a inspiré le morceau.
C’est la troisième apparition du groupe au Fort, la première en tête d’affiche du week-end (exclusivité oblige). Je leur dis au revoir à ce moment-là car c’est la confirmation que ce n’est plus un groupe pour moi qui aime tant les petites scènes.

J’évite la Chenille cette année et m’en vais voir Chest à la Scène des Remparts, très belle surprise que ces Parisiens ! Et la confirmation que pour moi, la vraie Route du Rock est là, sur cette petite scène, où les découvertes sont encore possibles.
La Route du Rock 2026, c’était 30000 spectateurs dont 12600 le samedi soir, avec une jauge au maximum. C’était aussi la première édition suite à l’arrivée du groupe de Matthieu Pigasse, avec une présence de partenariats privés (pas très 2026 une marque automobile à mon avis !).
Programmer Fontaines D.C. confirme le besoin d’une tête d’affiche en exclusivité pour faire venir un public toujours vieillissant, et une priorité affirmée pour l’expérience et le bien-être des festivaliers. Un conseil, pensez aussi à celui des festivalières ! Vivement 2027 ?

PS : Comme promis, le point bouchons pour protéger nos oreilles ! J'en ai testé des bouchons pendant les concerts et les festivals, j'ai trouvé et testé le Graal cet été en tombant sur un article comparant plusieurs marques. Je pensais que mes bouchons étaient de qualité jusqu'à essayer ceux de HEARS : abordables, plusieurs tailles, et ça fait le boulot qu'on attend des bouchons, ça baisse juste le son! Tellement confortable que j'ai oublié de les enlever après Mogwai. Ceci n'est pas une pub !
Crédits photos : Jasmina Vulic (retrouvez toutes les séries sur son FlickR).
