Série créée par Joseph Safieddine. Drame. 12 min. Sortie le 7 septembre 2026. Avec Sawsan Abès, Mounir Maasri, Mustapha Abourachid et Hiam Abbass.

On va parler d’une série dramatique française créée, écrite et réalisée par Joseph Safieddine, adaptée de sa bande dessinée Les Fusibles dessinnée par Cyril Doisneau.

Pour bien comprendre la série, il faut évidemment commencer par parler de Joseph Safieddine, un scénariste de 40 ans  franco-libanais qui a grandi dans la tranquille banlieue du Vésinet, à quelques pas de chez Gotlib, dont il est grand fan. Il parvient non seulement à rencontrer son idole, mais aussi à tisser des liens d'amitié avec lui et il a travaillé avec Erwann Surcouf, Thomas Cadène, Maud Begon. Il est beaucoup inspiré du Liban dont sa famille est originaire et a partagé sa vie entre Beyrouth, Tyr et Paris, ce qui explique sans doute le thème de la série. Il va donc apporter à l’écran une histoire intime inspirée de l’histoire de sa propre famille.

Billie est venue avec son père Mustapha pour rencontrer son grand-père Bilal qu'elle connaît à peine?dans leur pays natal, on ne sait pas vraiment lequel. Mais deux jours seulement après leur arrivée, ils doivent fuir la ville à cause d’une insurrection. En compagnie du vieux Bilal, désorienté par la maladie, ainsi que de Georges, l'ami d'enfance de Mustapha, coincés dans leur appartement, ils attendent une voiture que doit leur envoyer l'ambassade de France.

On va donc suivre cette heure, d’où le titre La dernière heure, en temps réel, 6 épisodes de 10 minutes, c’est donc un format particulier, un huit clos, entre ces quatre personnages, bientôt cinq, dans l’appartement où la tension devient palpable à mesure que les tirs se rapprochent évidemment, les souvenirs et les non-dits les secrets de familles. Outre le huis clos filmé caméra à l’épaule, chaque épisode s’ouvre avec un petit extrait video de 1985 comme un puzzle supplémentaire, pour nous faire comprendre que ce qui se joue dans cet appartement ne date pas d’hier.

Malgré les affrontements et donc la peur, on va quand même être face à une certes douceur et on va même sourire parfois, il va être question de déracinement, de maladie, de tensions familiales et de nourriture. Peu à peu, Billie comprend les raisons de l'exil de son père, ce qui s’est joué il y a longtemps, et qui se joue encore.

On peut avant tout saluer Awsan Abès, Billie celle qui porte la série, elle est incroyable de justesse tout du long, les autres acteurs Hiam Abbass, Mustapha Abourachid, Mounir Maasri et Abdelhafid Metalsi, mais il faut savoir que Awsan Abès est un cran au-dessus, je pense que quelqu’un a eu un crush mais je ne veux pas présumer...

Une série simple mais réussie, une sorte de parenthèse, plus que la dernière heure, surtout une heure suspendue.