Il y a à l’écoute de ce disque l’impression d’une porte qui se referme sur le jour et qui en ouvre une autre plus feutrée, plus intime sur la nuit.

La chanteuse Sacha Boutros aidée d’une cohorte de très bons musiciens : le trompettiste Stéphane Belmondo, le bassiste Thomas Bramerie, le pianiste (et aux arrangements) Franck Amsallem, le guitariste Hugo Lippi, le batteur Tony Rabeson, convoquent une musique populaire française et américaine pour dessiner l'atmosphère d'une capitale nocturne : cafés qui ferment tard, clubs de jazz enfumés, rues désertes, velours rouges, taxis qui filent vers on ne sait où. Sacha Boutros y interprète, dans un français, un anglais et un italien soignés, des chansons associées à Gilbert Bécaud, Sacha Distel, Vernon Duke, Fred Buscaglione, Joe Dassin, Cole Porter, Dalida ou encore Serge Gainsbourg.

La chanteuse passe avec une belle aisance de la chanson française au grand répertoire américain, sans jamais donner l'impression d'un exercice de style. Sa voix, portée par un accompagnement toujours très fin tout en rondeur et belles expressions, sert de fil conducteur : chaude, précise, jamais démonstrative, elle épouse chaque langue et chaque climat avec la même élégance discrète.