Melvin John Ramos est un artiste américain né en 1935 à Sacramento.
Il a été un des artisans de ce que l'on appelle le Pop Art, dans les années 60, aux côtés de Andy Warhol ou Roy Lichenstein. Pour autant, peut être que Mel Ramos est le moins connu des trois. Tout du moins du grand public.
Mel Ramos a produit toute sa vie durant, des oeuvres autour du concept même de pop culture, c'est-à-dire en apportant une vision critique, un second degré, sur la société de consommation et la façon dont les femmes servent de vecteurs pour vendre. Quoi de mieux pour cela que de jouer avec les codes utilisés dans la publicité notamment pour faire passer le message ? Mel Ramos fait alors passer la femme de produit de consommation à Muse, Vénus dans toute sa splendeur. Oui, vous verrez des femmes nues allongées sur une boîte de Toblerone ou un paquet de bonbons à la menthe. Ames insensibles au monde des pin up, passez votre chemin donc (fait amusant (?), la commissaire d'exposition nous confiait que certaines personnes entraient pour demander si c'était une boutique porno...).

Mais Mel Ramos n'a pas fait que peindre des pinup, il a également jouer avec l'univers des super héros, connus (Batman) ou moins connus, inspirés notamment de l'oeuvre d'Umberto Eco, La Flamme Mystérieuse de la Reine Loana.
Mel Ramos est décédé en 2018 et cette exposition, au Palazzo Bragadin de Venise organisée par Elisa Carollo est une des première rétrospectives de l'artiste en Europe depuis très longtemps.
Basée sur la retrospective réalisée à l'occasion de ses 50 ans d'activité au Crocker Art Museum de Sacramento, en 2012, l'exposition vénitienne propose de découvrir dans un joli lieu quelques oeuvres majeures de Ramos. Peintures, résines, affiches, vidéo et même quelques correspondances qui retracent le parcours de l'artiste.

On découvre, derrière le vernis des résines géantes ou des couvertures de comics imaginaires quelqu'un d'inspiré, qui donne du relief à des images populaires plates et consensuelles. Peinture à l'huile généreuse, sculpture en résine géante, Wonder Woman ou Batman aux formes généreuses, en passant par Zorro, Marylin mais aussi quelques autoportraits en compagnie de se muse et compagne de toujours, Leta.
C'est frais, ce n'est jamais vulgaire, parfois amusant (les couvertures de comics), parfois plus profond (notamment le travail autour des marques) et parfois un rien érotique (ses dessins au crayon comme "Leta standing" ou "The drawing lesson").

Au final, c'est une bonne surprise et une sympathique (re)découverte en l'espace de quelques salles bien agencées, sans scénographie tape-à-l'oeil d'un artiste et d'un courant artistique aujourd'hui majeur, le pop art.

La petite boutique est également bien achalendée, en produit judicieusement choisis inspirés de ses oeuvres, mais également de quelques livres intéressants pour découvrir plus avant la carrière de Mel Ramos. Cerise sur le gateau, c'est une exposition totalement gratuite (mais vous pouvez acheter des oeuvres sur catalogue si le coeur vous en dit et votre portefeuille vous le permet).
Crédits photos : David Didier
