Comédie dramatique d'Isabelle de Toledo, mise en scène d'Annick Blancheteau et Jean Mourière avec Etienne Bierry, Olivier Marchal et Lisa Schuster.
Rien de plus ardu que de dépeindre ces petites scènes de la vie de tous les jours des gens ordinaires, sur les joies et les peines des hommes qui font un petit tour et puis s'en vont.
Isabelle de Toledo y parvient avec une pudeur et une sensibilité non dénuée d'humour en nous immergeant dans une classique relation père-fils à un moment où chacun des deux se voit confronté à des doutes et des choix.
L'écriture est simple, fluide, humaine, les personnages sont vraiment de chair et d'os, loin de tout stéréotype et la mise en scène du duo Annick Blancheteau-t Jean Mourière idéale puisqu'invisible, dépourvue de tout effet facile..
A la quarantaine, Pierre, restaurateur besogneux et taciturne, voit sa vie basculer avec le départ de sa femme alors que son père retraité jovial vit une seconde jeunesse en voulant apprendre le tango tout en sachant qu'il brûle ses dernières cartouches.
Complicité, émotion, coup de gueule aussi le père et le fils se parlent à cœur ouvert sans doute comme jamais. Tour à tour fragiles et solides, le père et le fils partageront à cette occasion de belles confidences, de celles qui témoignent à la fois d'un grand amour et d'un grand respect.
Sous le regard de Lisa Schuster, au rôle difficile et au jeu très fin, le duo Etienne Bierry, en père fantasque et malicieux mais néanmoins vigileant, et Olivier Marchal, en colosse aux pieds d'argile, fonctionne à merveille. Toujours au diapason, ne cédant jamais au mélodramatique, ils sont toujours justes, sincères et terriblement attachants.
Excellent spectacle de théâtre vivant.
