Texte de Victor Hugo adapté et mis en scène par Marion Bierry avec Pamela Ravassard ou Marine Montaut, Benjamin Boyer, Stéphane Bierry, Thomas Cousseau, Julien Rochefort, Alexandre Bierry, Mathurin Voltz.

A la suite des événements de 1789, le roi après s'être enfui vers l'Est déclare la guerre à l'Autriche pour étouffer le grondement populaire qui grandit. La capitale qui suspecte (à raison) la cour de trahison renverse la monarchie le 10 août 1792 et proclame la Première République le 21 septembre.

La Convention, première assemblée constituante au monde à être élue au suffrage universel, fait le procès du roi puis l'exécute. La France se retrouve en guerre contre l'Europe et la guerre civile éclate.

C'est le cadre du début du roman de Victor Hugo (son dernier, publié en 1874) qui a pour toile de fond la terreur et l'affrontement entre républicains et royalistes. L'action démarre en Bretagne où des royalistes sous le commandement du marquis de Lantenac sont venus pour soulever la Bretagne contre la République.

Le marquis de Lantenac s'enfonce dans la forêt bretonne où il est recherché et sa tête mise à prix. Des personnages aux idées opposées vont se rencontrer et s'opposer avec de multiples rebondissements.

Hugo suit six personnages dans une vaste fresque qui ne prend pas parti mais retrace une étape importante de la politique française. Il n'était pas aisé de le porter au théâtre. L'adaptation qu'en a faite Marion Bierry ne manque incontestablement pas de panache.

Dans la scénographie idoine d'Arthur Vlad peinte magnifiquement peinte par Marguerite Danguy des Déserts et mise en lumière avec finesse par Stéphane Balny, les personnages apparaissent et disparaissent dans un tumulte permanent.

Les comédiens (Pamela Ravassard, Benjamin Boyer, Stéphane Bierry, Julien Rochefort, Alexandre Bierry et Mathurin Voltz) sont au diapason pour défendre avec conviction ce puissant tableau de la révolution.

Pamela Ravassard, magistrale, est un torrent d'émotions à chaque apparition. Benjamin Boyer, un sergent Radoub aussi drôle que bouleversant. Quant à Alexandre Bierry, il compose avec une belle intériorité un Gauvain très convaincant.

On se laisse gagner par le souffle qui émane de cette flamboyante adaptation dont la fin est d'une grande intensité. Bravo.