Que la finesse soit ! Peggy Courchay a sorti en avril dernier son premier EP intitulé Sing Swoon Song, sur le label Microcultures Records. C’est d’ores et déjà un vinyle qui reste accroché à ma platine, l’un de mes albums préférés cette année.
Ces 5 titres superbement arrangés nous emmènent dans des contrées jazz, folk, blues. Depuis le temps que Peggy Courchay régale de sa voix la scène rouennaise et au-delà, on sent la maturité, le savoir-faire et le savoir-être. Le temps, l’orfèvrerie, la délicatesse, autant de qualité qui sont rares et précieuses. Elle retrouve son ami Manuel Bienvenu pour lequel elle a écrit et chanté les choeurs de son magnifique album Oh Do We en 2025.
Dans ses influences, en vrac, Suzanne Vega, Rickie Lee Jones, Tears For Fears, Leonard Cohen, Nina Simone, Nick Drake, Cat Power, Abbey Lincoln, Kelly Joe Phelps, David Crosby, Bee Gees, Kings Of Leon, KT Tunstall, Bonnie "Prince" Billy, Elliott Smith… et la liste est longue tant sa culture musicale est vaste. C’est à Kate Bush aussi que l’on pense avec le magnifique "Daniel". Son écriture en anglais puise dans ses rencontres, dans la nostalgie du passé, dans des moments authentiques, émotionnels, livrés en touches impressionnistes.
D’ailleurs en concert, avant chaque titre, elle raconte ce dont parle chaque chanson. Ce qui l’importe c’est le récit, l’histoire, le voyage dans lequel elle nous emmène. C’est une voix singulière, proche, instinctive, pleine d’émotion, aux multiples talents, sensible aux détails, qui s’accompagne de guitares limpides. C’est d’ailleurs une guitariste hors pair qui préfère la douceur et la chaleur du nylon à l’acier. On y trouve aussi des choeurs, des cloches, des claviers, des percussions, une batterie et une basse, le tout en délicatesse. Cet EP est une claque… magistrale et subtile, de celles qui ne font pas mal mais vous réveillent et vous ouvrent les oreilles vers d’autres horizons, colorés, riches, inventifs et délicats. On attend la suite avec impatience !
