C’est une habitude qui perdure depuis bien longtemps que celle des éditions de l’Olivier de nous faire découvrir tous les ans des nouveaux auteurs lors de la rentrée littéraire. Cette année, c’est au tour d’une certaine Amandine Agic d’en profiter avec son ouvrage D’un pays qui n’existe plus.
Vous l’avez compris, de par le nom de l’autrice et le titre de son ouvrage, que c’est la Yougoslavie qui se retrouve au cœur de cet ouvrage. Amandine Agic est certes née en 1985 à Clermont-Ferrand mais ces origines sont belles et bien issues de ce pays qui a connu la guerre dans les années 90. Elle nous le dit elle-même : "Je porte en moi un morceau de cet État disparu. Je suis une chimère".
Un homme quitte son pays. En France, il devient père. Et son pays cesse d’exister. Sa fille grandit au milieu de silences, de phrases interrompues. Dans la maison familiale, la guerre est partout et nulle part : dans les colis que l’on prépare, les appels que l’on attend.
De l’enfance à l’âge adulte, la narratrice rassemble les fragments : les goûts des étés yougoslaves, les traces laissées dans la langue, les récits de celles et ceux qui sont restés. Peu à peu se dessine une mémoire familiale trouée, fragile, que les gestes du quotidien, les parfums et les bribes de paroles tentent de ressusciter.
Etant particulièrement passionné par tout ce qui traite de l’histoire, je ne pouvais qu’être embarqué par l’histoire que nous raconte cette jeune romancière. Elle nous permet de découvrir (pas trop pour moi du coup qui connaît bien les tourments de ce pays dans les années 90) l’histoire de l’ex-Yougoslavie au travers d’une jeune femme et de son père qui a dû quitter son pays, entraînant sa famille vers un déracinement, forcément ici un peu salutaire.
Une réflexion se porte alors sur ce nécessaire déracinement, sur la construction d’une famille, d’une jeune fille, entre ses deux territoires si différents, allant de l’enfance jusqu’à l’âge adulte. Il se dégage de cet ouvrage une très belle sincérité, une grande sensibilité d’écriture qui touche le lecteur, montrant très bien comment se construit une personnalité autour de la mémoire de son pays d’origine que l’on a dû quitter.
Très belle lecture donc et très belle découverte de cette auteure qu’est Amandine Agic, autour de ce texte bouleversant sur l’Histoire de la Yougoslavie.
