J’ai découvert Polina Panassenko au cours de l’été 2022 avec son très joli premier roman intitulé Tenir sa langue. C’est donc sans réelle surprise, mais avec grand plaisir, que nous pouvons la retrouver en cette rentrée littéraire 2026 pour son second ouvrage, A voix haute. Tenir sa langue avait obtenu le prix Femina des lycéens, espérons que ce nouvel ouvrage rencontre le même succès.
Comme dans son précédent ouvrage, l’histoire tourne encore autour de son pays d’origine, nous plongeant dans l’héritage de ce pays.
Après avoir grandi en France, une jeune femme qui rêve de devenir actrice retourne en Russie, chez son grand-père, pour entrer à l'Ecole du Théâtre National de Moscou. Mais à l’école comme dans sa famille, quelque chose résiste. Alors que la réélection de Vladimir Poutine déclenche des manifestations. Le soir, le grand-père commente les informations de la journée. Elle interroge alors son aïeul sur le passé. Ce dernier reste mystérieux. En guise de réponse, il pose parfois sous ses yeux une photo, un vêtement, une pièce de monnaie qui a appartenu à l’arrière-arrière-grand-père en lui disant "voilà c’est à toi". Des objets qui vont se transformer en éléments d’enquête pour elle, permettant peu à peu à mettre au jour certains secrets de famille.
Quels secrets cachent les photos de l’album vert ? Pourquoi ne faut-il pas parler près de la porte d’entrée ? Pour découvrir ce qu’on ne lui dit pas, la narratrice va devoir apprendre à écouter les silences et à poser des questions, à voix haute, comme nous le dit le titre du livre.
Et bien c’est encore un très bel ouvrage que nous propose cette auteure, au travers d’un formidable voyage dans l’histoire d’un pays, le sien, de ses héritages et des toutes les vies brisées par la dictature, le goulag et les peurs qui perdurent chez les populations qui se succèdent de génération en génération.
Une fois encore, les talents d’écriture de l’auteure font mouche. Percutante et touchante, elle fait vivre la grande Histoire et la petite en même temps. On y ressent un travail de documentation sûrement très conséquent pour parvenir à nous transmettre toutes ces informations sur le régime soviétique et ses méfaits. Il nous éclaire aussi sur la bureaucratie, le KGB devenu depuis FSB, qui verrouille toutes les informations des pouvoirs en place, encore aujourd’hui. C’est au final un roman que l’Histoire qui est aussi très d’actualité, dans un pays dirigé encore aujourd’hui par Poutine. Un pays dans lequel heureusement subsiste encore un espoir de liberté et de justice.
