Il y a certains groupes qui traversent le temps, qui traversent les modes, qui nous rappellent que le temps passe mais que, à l’air du tout jetable, il y a encore un espoir de voir perdurer des artisans, des orfèvres, des artistes qui savent nous toucher tout autant en 2026 qu’ils le faisaient il y a déjà 25 ans.
La dernière fois que nous vous parlions de Jérôme Didelot, à la tête du projet Orwell c’était en 2022 pour un album en collaboration avec Isobel Campbell (Belle & Sebastian) sous le nom de Son Parapluie. Nous voilà ravis de le retrouver avec le projet Orwell et l’album Composite sortie en mai 2026.
Ce nouveau disque est fidèle au travail passé de Orwell : une pop fine, des arrangements superbes (ce petit xylophone là, tu l’entends ?), chaleureux, aux coins arrondis, rien de dépasse, tout est fluide. Que ce soit la voix, magnifiquement juste, les mélodies somptueuses, les petites touches par ci par là pour rehausser un refrain, ou donner la chair de poule pile au bon moment ("Chercher sans relâche" et ses chœurs).
Chaque titre a son univers dans un univers lui-même parfaitement cohérent. C’est du Prefab Sprout autant que du JP Nataf. Les textes sont très beaux également et sont chantés avec une grande classe, comme murmurer dans notre oreille, juste pour nous. Du luxuriant "Tout jusqu’au bout (Soltanto)" au plus intimiste et instrumental "Composite", on se laisse porter par ses 11 titres qui se dévoilent un peu plus à chaque écoute que ce soit dans le texte ou dans la forme de ces mélodies dont la richesse ne fait qu’enrichir notre âme à son tour. Un ruissellement réussi en beauté.
Entre Orwell, Olivier Rocabois, Boris Maurussane, Hyperrêve et quelques autres, la pop française n’a jamais fait briller autant ses lettres de noblesse, alors un seul conseil, foncez sur ce Composite et profitez-en pour réviser votre petit Orwell illustré.
