Pièce de Molière adaptée par Alice Raingeard, mise en scène de Alice Raingeard assistée de Axel Raingeard avec Marion Champenois, Alice Raingeard, Boris Ravaine ou Damien Vigouroux, Jacques Trin ou Serge Ayala.

Dans une caverne aux trésors, un entassement d'objets hétéroclites : meubles, postes de radio empilés et... L'incontournable fauteuil du malade. Une esthétique steampunk qui met le spectateur d'emblée dans une ambiance particulière. La musique de Cyril Romoli et les lumières de Guillaume Rouchet apportent un brin de fantastique.

Dorine et Polichinelle s'avisent de jouer un tour à leur maître qui ne reconnaît plus ses gens et de se déguiser pour jouer chacun plusieurs rôles.

Cette mise en abyme, si elle a le mérite de l'originalité, se révèle parfois déroutante (entre les vrais et les faux) mais une fois lancée, la machine avance à une cadence d'enfer et ne s'arrête plus.

Alice Raingeard, grâce à ce subterfuge, réussit la gageure de jouer la comédie de Molière avec quatre comédiens.

Autour d'un malade plein d'énergie et de mimiques ainsi qu'une naïveté qui sied à son Argan (Boris Ravaine), d'une Angélique convaincante (Alice Raingeard) ou d'un Thomas Diafoirus hilarant (Jacques Trin), il faut noter la prestation remarquable de Marion Champenois en Toinette qui, avec son jeu loin des stéréotypes et une technique irréprochable, donne beaucoup de vie à cette adaptation. Elle est fabuleuse.

L'ensemble est bien ficelé et tout en respectant l'essence du texte de Molière, la Compagnie du Néant en propose une fort ingénieuse variation.

Survitaminé, le quatuor aguerri fait ressortir toute la force et la satire de la comédie de Jean-Baptiste Poquelin sur les médecins, l'autorité ou la condition des femmes dans un spectacle tonique et rondement mené. Compliments !