Pièce de Daniel Pennac, mise en scène par Julie Laufenbüchler et David Nathanson avec David Nathanson.

Tout d'abord, c'est la scénographie de Marie Hervé qui éblouit : Une trentaine de servantes de théâtre (ampoules) disposées autour de l'espace de jeu en bois qui forme, telle une île déserte, une sorte de parcours où monticules, pentes et rochers servent d'étapes au récit de "Journal d'un corps".

Après le triomphe du magnifique "Truffaut - Correspondance", c'est en effet au roman de Daniel Pennac que David Nathanson a choisi de s'attaquer.

Et c'est Julie Laufenbüchler avec qui il partage la mise en scène (avec la collaboration artistique de Judith d'Aleazzo pour l'adaptation) qui va lui permettre de restituer tout le sel du roman éponyme paru en 2012 qui fait la chronique d'un corps rédigé par un homme de ses 13 à ses 87 ans.

On y retrouve l'ironie mordante de l'auteur, sa gravité et surtout sa grande tendresse pour ses personnages tout au long de ce texte bouleversant de sincérité, d'une richesse et d'une profondeur exceptionnelles.

Avec toute son intelligence de jeu, David Nathanson porte ce seul-en-scène avec panache et captive sans aucune baisse de rythme. Il est impressionnant de voir comment le comédien modifie son jeu tout en finesse, au fur et à mesure du vieillissement de son personnage.

Les lumières fines d'Erwan Temple et la création sonore brillante d'Armando Balice complètent harmonieusement cette réalisation.

Une nouvelle fois, la Compagnie Les Ailes de Clarence nous bluffe et nous transporte avec un opus en tous points réussi.

Une adaptation magnifiée, un ravissement... A voir absolument !