Texte de Maurici Macian-Colet, mis en scène par Paul Sebastián Mauch avec Olivia Algazi.
Accueilli, en guise d'ouvreuse, par la comédienne et sa gouaille, dans Mata Hari, titre provisoire de la Compagnie Le Roi des Fous, le spectateur se laisse lentement envoûter pour doucement basculer dans la vie de la célèbre espionne néerlandaise du début du siècle dernier.
Epousant à la suite d'une petite annonce matrimoniale, un capitaine de l'armée des Indes, Margaretha (de son vrai prénom) et son mari s'installent à Java où elle découvrira la danse javanaise dont elle se servira dans la suite de sa carrière, revenue en Europe et divorcée. Elle sera alors tour à tour courtisane ou danseuse exotique. Avant de livrer des renseignements aux services secrets de différents pays...
Seule en scène, Olivia Algazi s'adapte comme son personnage au moindre imprévu. Dirigée avec intelligence par Paul Sebastián Mauch, elle déroule le texte brillant de Maurici Macian-Colet (à qui l'on doit également les lumières fines) où apparaît la vie de cette femme hors-norme mais se décline aussi celle de la comédienne dans une ingénieuse mise en abyme.
Avec un travail corporel très important (et des chorégraphies superbes de Eugenia Carnevali ou Kadek Puspasari), tout en digressions, le spectacle propose une très belle performance de comédienne et de danseuse dans un monologue tenu avec allant et subtilité faisant cohabiter charme et humour. Ainsi que la douceur nostalgique d'une époque surannée...
Une prestation formidable pour un spectacle original aussi puissant que marquant. Bravo !
